Idées reçues en Éducation

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Bienvenue sur une page en cours de construction (...permanente ?) qui visera à présenter de courtes séquences sur les idées reçues en Éducation. Un premier essai, que vous trouverez ci-dessous, a été réalisé avec cinq idées reçues. Néanmoins, chaque version "définitive" de ces séquences ne contiendra qu'un seul thème, sous un modèle de présentation commun : affichage de l'idée reçue et de son numéro, puis démontage, référence d'une ou de plusieurs sources fiables à l'appui (lorsque le sujet s'y prête) pour que le spectateur puisse vérifier par lui-même les informations apportées.

 

5 idées reçues sur l'apprentissage de la lecture

"La syllabique, c'est pas automatique"

 (première version, appelée à être remplacée par les séquences vidéo 2, 3, 4, 5 et 6)

Format Real Player (1,3 Mo –  très basse qualité)

Format Windows Media Player (3,9 Mo – qualité moyenne)

Format Real Player (6,8 Mo – bonne qualité)

Format *.mpg  (39 Mo – bien meilleure qualité)

 

Bien entendu, ces vidéos sont librement diffusables, tant par e-mail dans leur version la plus légère (mais gare au spam, SVP, pas de postage de masse !) que sur la Toile (je serais néanmoins heureux d'être informé des sites qui les proposent).

 

Si vous souhaitez contribuer à leur développement, que ce soit par l'ajout de nouvelles idées reçues, de nouvelles références ou d'autres pistes de "démontage", n'hésitez pas et contactez-moi.

La liste des idées reçues

et le contenu des séquences vidéo

– Idée reçue n°1 : "Le niveau baisse."

 

– Idée reçue n°2 : "Avant, on savait mieux lire que maintenant."

Real Player léger (0,7 Mo) ou plus lourd (3,5 Mo) - Windows Media Player (3,7 Mo) - *.mpg (23 Mo)

Cette idée reçue a la vie dure dans les médias et dans les conversations de comptoir. Et au niveau scientifique, qu’en est-il ?

Si l’on observe les résultats de l’enquête INSEE intitulée « Information et vie quotidienne » réalisée fin 2004, on s’aperçoit que le taux de personnes en difficultés dans l’un des domaines fondamentaux de l’écrit augmente avec les générations concernées.

Personnes éprouvant des difficultés

dans l’un des domaines fondamentaux de l’écrit.

De 18 à 29 ans

14 %

De 30 à 39 ans

16 %

De 40 à 39 ans

18 %

De 50 à 59 ans

26 %

De 60 à 65 ans

34 %

 Se référer à un âge d’or où les « gens savaient mieux lire » relève donc au mieux de l’ignorance, et au pire de la manipulation.

 Source : www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP1044.pdf - octobre 2005

Concernant spécifiquement la lecture, une enquête de l'INSEE réalisée en 2002 indiquait que 4 % des 18-25 ans éprouvaient des dificultés sensibles, contre 19 % des 55-65 ans.

 Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP959.pdf - avril 2004

 

– Idée reçue n°3 : "La dyslexie est causée par l'apprentissage de la lecture en "globale"."

Real Player léger (0,8 Mo) ou plus lourd (4,6 Mo) - Windows Media Player (3,8 Mo) - *.mpg (27 Mo)

Il est bien pratique, de trouver un bouc émissaire aux problèmes de dyslexie. En faisant preuve de la même rigueur, on pourrait avancer que la dyslexie est causée par les orthophonistes, puisqu'avant l'apparition de cette profession, ce problème n'existait pas...

Pour être plus sérieux, la Fédération Nationale des Orthophonistes a déclaré dans un communiqué de presse du 8 décembre 2005 qu' "Il n’existe à ce jour, aucune étude menée par des orthophonistes, validée scientifiquement, mettant en évidence des liens de causalité entre méthodes de lecture et pathologies du langage écrit. Les affirmations d’orthophonistes sur les supposés effets de la méthode de lecture dite « globale » n’engagent que ces professionnels, à titre tout à fait individuel, et, ne constituent ni une position de la profession, ni une caution scientifiquement reconnue."

Est-il besoin d'un commentaire ?

Source : http://www.orthophonistes.fr/Theme.php?NumTheme=96&Article=1311 - 8 décembre 2005

 

– Idée reçue n°4 : "La méthode globale est pratiquée en France." ou "Lorsqu'elle a été interdite, la méthode globale était pratiquée en France."

Real Player léger (0,7 Mo) ou plus lourd (3,8 Mo) - Windows Media Player (1,9 Mo) - *.mpg (22 Mo)

Il serait bien difficile de mettre en place l'étude comparative entre les méthodes de lecture demandée par certains. En effet, personne ne connaît d'enseignant pratiquant cette fameuse "méthode globale". Celle-ci, inventée par Ovide Decroly dans les années 30, n'a quasiment jamais été utilisée par le passé et ne peut donc porter la responsabilité de tous les maux dont on l'accuse.

Quelle source donner pour quelque chose qui n'existe pas... ? Disons plutôt que nous attendons impatiemment que l'on nous communique les coordonnées d'un enseignant qui l'utiliserait...

 

– Idée reçue n°5 : " "Ils" ne savent pas lire en 6ème à cause de la méthode de lecture pratiquée en CP."

 

 

– Idée reçue n°6 : "Pour lire, il suffit de savoir déchiffrer."

Real Player léger (1 Mo) ou plus lourd (3,5 Mo) - Windows Media Player (4 Mo) - *.mpg (30 Mo)

Cette idée reçue résulte de l’association entre une représentation « adulte » du fonctionnement de notre langue et une méconnaissance des avancées didactiques et du domaine des neurosciences des quatre-vingts dernières années.

 La connaissance du code grapho-phonétique ne suffit pas pour savoir lire. Tout d’abord parce que le déchiffrage (ou assemblage) n’est qu’une des modalités de reconnaissance d’un mot. Nombre d’autres mots sont directement reconnus, dès l’enfance (on parle d’adressage) : le prénom, les jours de la semaine, les mots « monsieur » ou « femme »…

 Ensuite, parce que lire, c’est comprendre. Déchiffrer n’implique pas que l’on mette du sens derrière la musique des sons. Il faut posséder un lexique qui corresponde au vocabulaire du texte travaillé, avoir compris les fonctions sociales et culturelles de l’écrit, se sentir en confiance face à un texte et, si possible, aimer lire.

 Sources possibles :

Intervention n°10 du 13 décembre 2005 d’Eveline Charmeux sur l’enseignement de la lecture sur le Blog du Café Pédagogique

http://www.cafe-leblog.net/index.php?2005/12/13/30-l-enseignement-de-la-lecture#co

Article d’Alain Bentolila «Quelques vérités sur l'apprentissage de la lecture », Le Figaro du 14 décembre 2005.

 

– Idée reçue n°7 : "On apprend à lire au CP." (la programmation par cycle des apprentissages) ou "Si mon enfant ne sait pas lire à Noël, c'est la maîtresse qui est mauvaise." (NJ)

 

– Idée reçue n°8 : "Les instits ne donnent pas assez d'exercices à faire à la maison." (l'interdiction des devoirs écrits à la maison de 1956)

"LES DEVOIRS A LA MAISON
Je vous rappelle que : l'arrêté du 23 novembre 1956 aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire. En application de l'arrêté, la circulaire du 23 novembre 1956 supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d'efficacité et de santé : « Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail soutenu ne peut qu'apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l'équilibre nerveux des enfants. Enfin, le travail écrit fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu'un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoirécrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe. » Aujourd'hui, les devoirs à la maison restent interdits ; le travail oral, les leçons sont autorisés. Il est à noter qu'aucun texte ne demande aux enseignants de prescrire un travail aux élèves après la journée de classe. "

Extrait de la note de rentrée d'une Inspectrice de l'Éducation Nationale (merci à Denis P.)

 

– Idée reçue n°9 : "L'enseignant de mon enfant a forcément eu une formation avant d'avoir une classe." (les "listes-complémentaires" et maîtres-auxiliaires)

 

– Idée reçue n°10 : "Un enfant de maternelle qui sait dire "1, 2, 3, 4... 28, 29, 30 !" sait compter jusqu'à 30."

 

– Idée reçue n°11 : "Oraliser correctement un texte c'est savoir lire, ne pas savoir oraliser un texte correctement c'est ne pas savoir lire." (JMT)

 

– Idée reçue n°12 : "L'école est obligatoire." (l'obligation d'instruction)

 

– Idée reçue n°13 : "Les instits doivent tenir un cahier-journal." (la suppression du cahier-journal par Jules Ferry le 14 octobre 1881)

 

– Idée reçue n°14 : "Mon enfant est en CP." (les cycles)

 

– Idée reçue n°15 : "Le tableau noir..." (Il est vert ou blanc...)

 

– Idée reçue n°16 : "Le directeur d'école est le supérieur hiérarchique des autres instits." (la fonction administrative du directeur)

 

– Idée reçue n°17 : "En France, l'école publique est laïque." (les séquelles du Concordat de 1801 en Alsace-Moselle)

 

– Idée reçue n°18 : "C'est mieux d'avoir une classe à un seul niveau." (les dispositifs différents et tout aussi efficaces)

 

– Idée reçue n°19 : "L'école publique accueille tous les enfants." (la non-scolarisation des élèves handicapés)

 

– Idée reçue n°20 : "L'apprentissage de la lecture est impossible sans un livre scolaire." (NJ)

 

– Idée reçue n°21 : "C'est bien, "instit" : à 16 h 30 la journée est terminée." (NJ)

Une petite contribution à ce sujet d'un collègue directeur, JMF : Une semaine presqu’ordinaire (du 13/11 au 19/11/2006)

 

Sans doute plus fatigué cette année d’entendre les « … toujours en vacances… cool le mercredi… métier idéal pour s ‘occuper de ses propres enfants… » je me suis amusé à calculer mon temps de travail. Je dois être encore loin de la réalité…

Lundi : 8 H – 11 h 45 et 13 H- 17 H 30 (classe +direction) + 1 H correction maison = 9 h 15

Mardi : 8 H-12h et 13 H-18 h (école + stage collège) = 9 h

Mercredi : 8 H-12h et 13 H-16 h(école + stage collège) + 2 h prep = 9 h

Jeudi : 8 H – 11 h 45 et 13 H- 18 H 30 (classe +direction) + 1 H 30 prep = 10 h 45

Vendredi : 8 H – 11 h 45 et 13 H- 17 H 30 (jour de décharge : CR du CE, communication, prise en charge CP/CE1 pour le conseil de coop, PPRE (1 H 30), courriers administratifs) + 2 h PPRE et administratif = 10 h 15

Samedi : 8h-11h45 classe + 13 h-16h30(prep semaine)+ 1 h maison recherche internet = 8 h 15

Dimanche : 8H30-10H30 : fin prep semaine = 2 h

Soit 62 h 45

 

Semaine assez chargée, on peut réduire raisonnablement à 55 h

Soit 36 X 55 = 1980 h + 80 h grandes vacances et 80 h petites vacances (20 X 4)

Soit un total de 2140 heures dans l’année/ 47 semaines de travail = 45,53 heures par semaine de travail

Je ne compte pas les recherches personnelles, les lectures « professionnelles », les multiples réunions, rencontres…

 

Une autre contribution à ce sujet d'une enseignante, AD : (701/2007)

 

[...] Étant T2, avec tous les documents qu'on nous demande (progression ou programmations, cahier journal, fiches de séquence, fiches de préparation, dossiers de PPAP, dossiers d'aide aux élèves en difficulté...), et le fait que ma méthode de travail n'est pas encore au point, et le fait que je dois tout le temps chercher des supports pour mes élèves, car en zep contrairement aux idées reçues, on a très peu de moyens si on n'entre pas dans les projets de circonscription (on doit lire 10 livres dans l'année, mais à l'école il y a 5 séries du niveau de ma classe, dont aucune de la liste cycle 3...) et les parents donnent peu d'argent pour la coop, on sait pourquoi.
Bref, je passe de 60 à 70 heures par semaine à travailler, et la moitié de mes vacances (sauf l'été). Lorsque je discute avec d'autres T2 de ma circonscription, je me rends compte qu'eux aussi fournissent un travail phénoménal.

 

– Idée reçue n°22 : "Inutile d'apprendre à écrire, ils auront tous un clavier." (NJ)

 

– Idée reçue n°23 : "Je sais lire donc je sais ce qui est bien pour mon enfant dans l'apprentissage de la lecture." (NJ)

 

– Idée reçue n°24 : "Un enseignant de maternelle ne peut enseigner qu'en maternelle." (SM)

 

– Idée reçue n°25 : "Plus un enseignant a une classe élevée (Petite section ® Cycle 3) plus il est "intelligent"." (SM)

 

– Idée reçue n°26 : "Un ministre peut interdire le "départ en globale"." (Qu'on le veuille ou non, les premiers indices pris en lecture par les enfants sont globaux. Les enseignants de maternelle doivent-ils donc cesser d'utiliser les prénoms de leurs élèves, les livres et les calendriers en classe ?)

 

– Idée reçue n°27 : "La politique des ZEP coûte cher..." (la prise en compte dans ce calcul de la part liée à l'ancienneté dans le traitement des enseignants en ZEP et hors-ZEP.)

 

– Idée reçue n°28 : "Si ce n'est pas au programme, on n'a pas à en parler." (la circulaire du 12 décembre 1989)

 

– Idée reçue n°29 : "Après la maternelle, les enfants vont à l'école primaire." (différence entre "primaire" et "élémentaire")

 

Idées reçues, hors école...

 

– Idée reçue n°XX : "Si on en parle à la télé, c'est que c'est vrai." (NJ)