Quoi de neuf ?

mercredi 11 février 2015

"La célèbre Marilyn" d'Olivier de Solminihac

Notre abonnement Maximax de février est un court roman (72 p.) d'Olivier de Solminihac : La célèbre Marilyn.

Il n'y a qu'un garçon, dans sa classe, à faire attention à Marilyn. Le jour où il tombe malade, elle se rend compte qu'elle n'a pas d'ami. Qu'elle n'existe plus pour personne. Elle décide donc de remédier à cela en devenant célèbre.

La célèbre Marilyn

A-t-on besoin d'être célèbre pour exister ? (Tiens, ça me rappelle l'instance avec laquelle une journaliste de TF1 voulait venir faire un reportage dans notre école, sans parvenir à comprendre qu'en fait, nous, cela ne nous intéressait pas...) En cette période où la nabilasation (fait de devenir célèbre sans raison : "T'es une fille et t'as pas de shampooing ? Non mais allô, quoi !") est facilitée par Youtube, aborder ce thème (peu traité en soi dans la littérature de jeunesse, d'ailleurs) est salutaire. De bons échanges avec les élèves en perspective... D'autant que certains détails font mouche, comme le fameux "Lionel Hénon", joueur de foot de l'école à l'aura indescriptible qui est une marque à lui tout seul alors que les autres s'appellent simplement par leur prénom, ou encore la référence à "la classe dont on n'a jamais su le nom" (p.52).

Morceaux choisis :

"Comme j'avais faim, l'après-midi a été long. Ou l'après-midi a été longue, je crois qu'on peut dire les deux. De toute façon, j'avais tellement faim que l'après-midi a été à la fois long et longue." (p.16)

"– Tu crois qu'on peut exister sans rien faire ?
– Mmm... oui. Maintenant on ne fait rien. On existe quand même. Mais on ne peut pas exister tout seul. On doit exister pour quelqu'un.
– Tu existes pour moi, j'ai dit.
Elle a fait un mouvement de la tête, qui pouvait vouloir dire non.
– Ça ne suffit pas, a dit Marilyn. J'ai besoin de plus.
” (p.37)

"– Bonne nuit, chef.
– Attends, juste une question. Qu'est-ce qu'ils sont devenus, tous ces sports ?
– Devine, a dit papa.
Ce qui était la dernière chose à dire s'il voulait que je m'endorme. L'énigme est le contraire du sommeil. Conséquence, j'ai passé une partie de la nuit à me creuser la tête en nous imaginant, Marilyn et moi, gagner la Coupe du monde de trottinette américaine.
" (p. 40-41)

"Ce sont les vacances d'hiver, celles entre toutes que j'aime le moins parce qu'on ne va jamais au ski, parce qu'on ne va jamais nulle part en février, parce qu'il fait froid et moche, parce que ça ressemble à quand on est malade, en moins bien." (p.60)

dimanche 8 février 2015

QCM 2.0

Une jolie découverte, facilitée par Lois, grâce à l'excellent site de Charivari : Plickers. Pour faire court, il s'agit d'une application gratuite pour smartphone (iphone ou android) qui permet de valider instantanément et de façon nominative la réponse à un QCM d'un groupe pouvant aller jusqu'à 63 élèves.

Plickers

Comme le laisse apparaître la capture d'écran ci-dessus, chaque élève possède une carte personnelle, imprimable depuis le site de l'éditeur. Un questionnaire, élaboré au préalable et planifié sur le site Web de Plickers, s'affiche, question par question, piloté depuis le smartphone, sur le vidéoprojecteur (pas indispensable, mais très pratique).

Plickers

Pour répondre, chaque élève doit présenter sa carte "QR Code" face au smartphone, tout en veillant à l'orienter en fonction de sa réponse. Une lettre (ABCD) est discrètement imprimée sur chacun des côtés du code carré. Il suffit de placer la lettre correspondant à la réponse choisie en haut. Le smartphone affiche instantanément les réponses ; l'écran vidéoprojeté affiche, lui, le prénom de ceux qui ont répondu, sans indiquer leur choix (à moins qu'on le lui demande).

Plickers

Avant la validation finale par le biais du smartphone, un changement de réponse est toujours possible (tant pis pour celui qui laisse retomber latéralement son carton...)

Plickers

Il est ensuite possible de visualiser rapidement chacune des questions du QCM pour refaire le point collectivement.

Plickers

Une belle idée, toujours en cours de développement, aussitôt adoptée par l'ensemble des élèves (dont je subodore qu'ils doivent avoir du mal à faire comprendre en quoi elle consiste, une fois de retour à la maison). On reste dans du QCM, avec les limites de l'exercice, mais c'est pratique, rapide et motivant... et beaucoup moins onéreux que les coûteux boîtiers de vote que j'ai pu tester il y a une dizaine d'années...

dimanche 1 février 2015

"3000 façons de dire je t'aime" de Marie-Aude Murail

Le numéro de novembre dernier de l'abonnement Médium de L'école des loisirs consistait en ce beau roman de Marie-Aude Murail, auquel j'ai enfin pu me consacrer. Loin de ce que titre pourrait laisser craindre, nous avons là une belle histoire d'amitié et d'amour qui amène trois adolescents, Chloé, Bastien et Neville, à découvrir puis se prendre de passion pour le théâtre, sous la direction de Jeanson, leur professeur. De nombreuses citations, et quelques belles perles qui font éclater de rire rendent le tout particulièrement plaisant. On notera une bizarrerie dans la narration, qui alterne entre omniscience et première personne du pluriel.

3000 façons de dire je t'aime

Morceaux choisis :

"Elle en arriva un jour à citer le ténébreux psychanalyste Jacques Lacan :
- L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas.
- Eh bien, c'est gai, conclut Chloé." (p.27)

"Chloé, qui avait rêvé de faire pleurer ses parents en mourant sur scène, fut complimentée pour son talent comique par le jury du baccalauréat. Madame Gillain avait donc raison, la vie est un malentendu." (p. 28)

"Affalés dans un canapé, ses parents regardaient Jacques Villeret se démener au beau milieu du Dîner de cons. La tristesse saisit Bastien à la gorge sans crier gare. Il la délogea en secouant la tête et partit s'enfermer dans sa chambre. Il ferait rire. C'était sa vocation. Il ferait rire les gens fatigués qui s'affaissent le soir devant leur télé, la zapette à la main." (p.48)

"Il ne comprenait pas d'où lui venaient ces émotions. Étaient-elles contenues dans les mots couchés sur le papier ? Ou bien avait-il dans son cœur un réservoir de haine et de souffrance, quelque chose d'effrayant comme une envie de tuer ?" (p.62)

"– Je ne suis pas là pour vous tourmenter [leur dit leur professeur de théâtre] Enfin... si, un peu. Il faut bien que j'aille vous chercher où vous êtes. Les escargots, on les sorts avec une pique." (p.69)

"Neville jouait son rôle en restant sur place, semblable aux acteurs d'autrefois qui faisaient le sémaphore face au public, la main au front pour exprimer le désespoir, au cœur pour dire j'aime et au loin pour dire adieu." (p.115-116)

"- Il est amoureux de qui, Chérubin ? voulut savoir Clélia. De Suzanne ou de Fanchette ?
- Des deux, répondit Neville. Et de sa marraine, la belle comtesse.
- Mais on ne peut pas être amoureux de trois personnes à la fois ?
- Si. C'est la puberté.
- Ah ? fit Clélia, décidément intéressée." (p. 118)

"- Il faut que tu apprennes ton rôle.
- Je commence à le savoir, éluda Bastien.
Personne, pas plus Neville que Jeanson, ne le contraindrait à travailler. Ou ce serait l'effondrement de sa personnalité." (p.120)

"Nous étions pris de la même fatigue, nous nous sentions bien, la tête toute sonore de ces phrases que nous venions de dire et qui ne nous appartenaient pas." (p.134)

"Le monsieur de Bellac : Dites-leur qu'ils sont beaux.
Agnès : Leur dire qu'ils sont beaux, intelligents, sensibles ?
Le monsieur de Bellac : Non ! Qu'ils sont beaux.
C'était le secret. Dire aux hommes, à tous les hommes, y compris les laids, les bancals, les pustuleux, les huissiers, qu'ils sont beaux.
Agnès : Ils ne le croiront pas.
Le monsieur de Bellac : Tous le croiront. Ils le croient d'avance." (p.155 - extrait de L'Apollon de Bellac de Jean Giraudoux)

"Le lendemain, Bastien, qui avait à se faire pardonner, obtint l'adresse de Jeanson en usant de ses charmes auprès de la concierge du conservatoire.
- Et j'ai du mérite. J'aime pas trop la moustache chez une femme." (p.172)

"Mais tu n'es pas ton spectateur ! Tu dois t'observer de l'intérieur, pas de l'extérieur. Autrement, tu vas devenir comme ces acteurs qui font les mêmes gestes au même endroit à la même heure, qui gargouillent "arg" avant de mourir et se couvrent les yeux de la main pour indiquer qu'ils sont en train de pleurer. (p.179)

"– Ils sont partis. Je suis libre !
– Libre ? fit Neville en écho. On est toujours libre aux dépens de quelqu'un. C'est ennuyeux, mais c'est normal.
– C'est dans Caligula, expliqua Bastien à Chloé. Nous parlons le Caligula à longueur de journée." (p.200-201)

"Tu ne dois pas chercher en toi le texte, mais uniquement le sentiment qui te pousse à le dire. Que les mots te montent aux lèvres parce que tu ne peux plus les retenir." (p.209)

Si ça ne donne pas envie de se replonger dans ses classiques, tout ça... ;o) L'auteure, qui en est consciente, a gentiment regroupé les références en fin d'ouvrage.

mercredi 28 janvier 2015

''Histoires d'enfants à lire aux animaux'' d'Hervé Walbecq

Histoires d'enfants à lire aux animaux

Il est parfois des titres qui font mouche, et qui justifient d'eux-mêmes, d'avance, le contenu de leurs pages. Je range celui du recueil d'Hervé Walbecq, issu de la livraison de notre abonnement Maximax de février 2015 dans cette catégorie. Forcément, la question qui vient après est : l'ouvrage tient-il ses promesses ? Nous avons testé pour vous 3 des 20 histoires qu'il contient, au premier degré...


Les illustrations, originales et soignées, sont de l'auteur himself.

Histoires d'enfants à lire aux animaux

mercredi 21 janvier 2015

Rencontre littéraire

Comme nous nous y attendions, la journée de mardi fut un régal. :o)

Rencontre avec Sophie Chérer
Tout a démarré par un échange avec les élèves des deux classes de l'école
participant aux Assises Internationales du Roman.


Rencontre avec Sophie Chérer
Après avoir serré la main à chacun...

Rencontre avec Sophie Chérer
...Sophie a répondu avec bienveillance à toutes les questions posées.

Rencontre avec Sophie Chérer
Nous avons poursuivi la rencontre dans la classe...

Rencontre avec Sophie Chérer
...et bénéficié, entre autres, d'une lecture offerte
du premier petit livre écrit par Sophie,
alors qu'elle avait dans les sept ans.


Rencontre avec Sophie Chérer
L'après-midi, les élèves de mon collègue Nicolas
nous ont joué de nombreuses saynètes
extraites de la bibliographie de Sophie Chérer,
qu'il a fallu associer à l’œuvre dont elles étaient issues.


Rencontre avec Sophie Chérer
En fin de journée, Sophie s'est prêtée de bonne grâce...

Rencontre avec Sophie Chérer
...au jeu des nombreuses dédicaces.
Elle a même accepté de rapporter du travail à la maison l'hôtel !


Nous nous retrouverons fin mai pour présenter la version finale de nos écrits et de nos travaux... Tout le monde est ressorti de cette journée enthousiaste ! La bibliographie (sommaire de gauche) a été mise à jour en conséquence.

dimanche 18 janvier 2015

Défis chérériens

Mardi est une journée très attendue dans deux classes de notre école : nous recevrons, dans le cadre des Assises Internationales du Roman (qui nous ont permis de rencontrer, entre autres, Jean-Claude Mourlevat et Timothée de Fombelle), la romancière Sophie Chérer, dont nous avons lu une quinzaine d’œuvres depuis la rentrée. Les élèves ont participé à différents "défis" qui leur ont permis de se familiariser avec la vie, l’œuvre et l'univers de cette auteure. Ceux-ci sont téléchargeables depuis la page bibliographique qui lui est consacrée ici, ou bien par un clic sur les illustrations ci-dessous.

Défi sur Sophie Chérer
Défi biographique (p.1 & 4)

Défi sur Sophie Chérer
Défi bibliographique (p.2 & 4)

Défi sur Sophie Chérer
Projet d'écriture

Défi sur Sophie Chérer
Défi linguistique

Ces défis sont destinés à être imprimés en A3 (en branchant la photocopieuse de l'école sur un ordinateur, par exemple ; elle le permet souvent). Le défi linguistique nécessite un accès à Internet : on y découvrira la fantastique fonction de Google traduction, qui permet de reconnaître les idéogrammes coréens (ou d'autres langues) tracés à la souris...

lundi 12 janvier 2015

Et un sourire

....................La nuit n’est jamais complète
....................Il y a toujours puisque je le dis
....................Puis que je l’affirme
....................Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
....................Une fenêtre éclairée
....................Il y a toujours un rêve qui veille
....................Désir à combler faim à satisfaire
....................Un cœur généreux
....................Une main tendue une main ouverte
....................Des yeux attentifs
....................Une vie la vie à se partager

........................................Paul Éluard

dimanche 11 janvier 2015

Où vont les pédagogues ?

Ce samedi avait lieu à l'Université Lumière (Lyon 2), dans le superbe "Grand amphi" (auquel je n'ai pas eu accès pendant mes études...), une journée d'étude en l'honneur de Philippe Meirieu, qui prend sa retraite universitaire. Pendant près de cinq heures se sont succédé une quantité impressionnante de grands noms des sciences de l'éducation pour rendre hommage au pédagogue ami de nos petits livres... L'ensemble des interventions, entrecoupées de courts épisodes musicaux, était retransmis en direct sur Youtube et y est toujours visionnable.


Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu
Hommage à Philippe Meirieu

vendredi 9 janvier 2015

Je suis Charlie


Je suis Charlie

mercredi 7 janvier 2015

Je suis Charlie


Je suis Charlie

lundi 5 janvier 2015

Meilleurs voeux

Une petite surprise pour les élèves : ils avaient ce soir pour devoirs de lire un petit livre, que je leur ai remis au moment de sortir de la classe. A priori, même si, par écrit, il sont interdits, ces devoirs ont dû en inciter un certain nombre à tirer un stylo de leur trousse... Nous verrons demain... Les premiers retours par Internet sont positifs... :o)


Vœux aux élèves 2015
Cliquez sur la miniature pour accéder au petit livre imprimable
à plier et découper selon l'usage
.

En ce qui concerne le Musée des Confluences, mes visites (j'expliquerai) de dimanche m'ont permis d'enfin accéder aux fameuses salles 13 et 21. Nondidjuuuu de nondidjuuu ! Il y a du lourd, du très lourd, au propre comme au figuré... De quoi, rattraper tout le reste, ou presque... Les photos bientôt... :o)

samedi 3 janvier 2015

Le musée des confluences (2)

Petit retour au musée des Confluences, une semaine après ma première visite express, en vue d'acheter un pass pour quelqu'un. J'en profite pour prendre quelques photos, parce qu'à la lecture du billet précédent, on pourrait croire que j'ai forcé le trait. Voici des preuves ! ;o)

Musée des Confluences de Lyon

L'après-midi de vendredi est grisâtre. Le truc vert pomme que l'on voit au fond est le bâtiment d'une chaîne de télévision. Il y en a un autre du même style orange pétant un peu plus loin. Vivement le rose fluo. On dirait une émission de déco de la TNT...

Musée des Confluences de Lyon

Cette fois, seulement 200 personnes (j'arrive vers 17h) font la queue dehors. J'en profite pour signaler que l'on ne peut que très difficilement se garer dans le coin et que le bon plan consiste à prendre le tramway T1 qui s'arrête à 2 m de la fin de cet attroupement. Les détenteurs d'un pass ou d'un e-billet entrent sans attendre. Chouette ! À l'intérieur, 200 personnes font de nouveau la queue, et une trentaine attendent pour acheter un pass ; je me dis qu'il vaut mieux revenir plus tard et, qu'avec un peu de chance, la salle 21 sera accessible.

Musée des Confluences de Lyon

Que nenni ! Au deuxième étage, après un scan mieux organisé des entrées (de petites barrières ont été placées pour canaliser la foule), je m'aperçois qu'une queue à la Disneyland est toujours présente devant le Graal. Je décide donc de faire un tour ailleurs, après un petit passage aux toilettes cette fois (car, comme dans les restaurants, on apprend beaucoup sur un lieu en visitant ses toilettes). Pas grand chose à dire, sinon que, comme la plupart des installations qui se veulent hightech, le bloc lavabo ne fonctionne pas bien. Un type a dû se dire : "Utilisons un détecteur infrarouge pour mettre en route automatiquement les robinets". Son collègue a dû trouver que placer ledit détecteur sur le robinet détonait avec l'architecture de l’œuvre et a donc judicieusement placé la chose sur le côté. On aboutit donc à un geste très logique qui consiste à placer ses mains sous le robinet, à attendre en vain que ça coule, à les balader un peu partout jusqu'à ce qu'elles soient repérées, puis à vite les remettre sous le flux liquide avant qu'il se coupe. On promène ensuite ses mains un peu partout sous les lettres "Savon" inscrites sur le miroir. Sans succès. On essaye donc de piquer du savon de la même manière auprès du lavabo attenant. Toujours rien. On se penche, sans trouver les détecteurs de menottes non savonnées. Donc on finit par se les sécher au soufflant commun, judicieusement placé au dessus du sol peint pour créer dessus une belle flaque disgracieuse. L'intérêt des séchoirs à la Dyson, c'est que l'on n'a pas de flaque par terre... Je me rends ensuite dans la salle "Éternités - visions de l'au-delà", dont la sortie, finement placée devant l'entrée et identique à elle, nécessite un poste de surveillant à plein temps pour dissuader le public de tenter la visite à l'envers. Soit. Voici donc un poteau cérémoniel chilien du XXe siècle. Oh punaise, pardon madame ! J'avais oublié à quel point c'est noir. Le coup des poussettes dans le passage, c'est franchement pas malin. On ne les voit pas.

Musée des Confluences de Lyon

Tiens, la salle de pilotage du vaisseau de Star Trek. Elle est prise d'assaut par des enfants et des ados fatigués qui s’assoient, parfois à plusieurs, dans de gros fauteuils sphériques. En punition, ils ont chacun droit à une vidéo qui leur explique que la mort, c'est l'absence de vie. Ah, ça les calme, les ados. Y'en a pas un qui sourit...

Musée des Confluences de Lyon

À droite, une statuette protectrice téké (Congo) de la fin du XIXe ou du début du XXe. Ouah, j'ai rapporté la même du Gabon ! Cool ! :o) Je lis dans le guide qu'elle renferme une charge magique constituée d'ongles et de cheveux. Euh, là ça fait moins cool... Les Batéké (le pluriel, c'est le ba) sont l'ethnie de la famille d'Omar et Ali Bongo (présidents du Gabon de père en fils). À gauche, une tête funéraire mma de Côte d'Ivoire, investie par l'âme d'un chef ou d'un noble. Au fond, un siège de chef kami de Tanzanie. Étant donné son confort évident, on comprend pourquoi Ikéa n'est pas tanzanien.

Musée des Confluences de Lyon

Des personnages aux bras levés égyptiens (3800-3900 av. J.-C. : respect), qui nous fournissent une belle périphrase de bois pour reconnaître qu'on ne sait pas ce qu'ils pouvaient bien venir faire dans la tombe où on les a trouvés : "Longtemps assimilées à des danseurs, ces statuettes ont des caractéristiques physiques laissant finalement supposer un rôle plus symbolique."

Musée des Confluences de Lyon

Ces deux hommes barbus, en brèche et en pierre, trouvés en haute-Égypte, datent de 3300-3100 av J.-C.

Musée des Confluences de Lyon

La grande plaque lumineuse du parcours est constituée par cette acrylique sur toile de Jean-Philippe Aubanel, intitulée "L'éternité parfois s'éveille..." (2011-2014). D'un point de vue esthétique, ça rend pas mal...

Musée des Confluences de Lyon

À côté se trouve la reconstitution d'une tombe, non listée dans le Guide (aaargh !), au-dessus de laquelle un miroir est incliné pour en faciliter l'observation. Une petite fille éclate en sanglots quand son père lui explique qu'à la fin, on sera tous comme ça. Et elle finit le parcours de l'expo en geignant d'une petite voix à fendre l'âme : "Mais moi, je veux pas qu'on soit des squelettes !", ce en quoi on ne peut guère lui donner tort.

Musée des Confluences de Lyon

Un Bouddha couché cambodgien des XVIe-XVIIe siècles, en grès avec traces de dorure.

Musée des Confluences de Lyon

Je ressors, du bon côté. Bon, ben la salle 21 ce ne sera toujours pas pour cette fois.

Musée des Confluences de Lyon

Je retourne dans la salle Espèces, la maille du vivant (et je comprends alors la puissance conceptuelle qui a incité les concepteurs à tendre des filets noirs un peu partout et dans tous les sens. Ce n'était pas uniquement pour gêner, avec leur ombre, la lecture des panonceaux, c'était aussi pour le jeu de mots). Ici, une tranche de poisson momifié, dont on ne voit que le ventre, puisqu'il a été judicieusement placé à 1,70 m du sol.

Musée des Confluences de Lyon

Ah, ben là la momie a raté...

Musée des Confluences de Lyon

Ce sphinx en grès est daté de 664-323 av. J.-C. (belle imprécision dans la précision).

Musée des Confluences de Lyon

Nom d'un chien, ce que c'est sombre ! Je n'ai pas trouvé le descriptif des ossements de la grosse bête pendue au plafond. Sans doute un monstre marin quelconque.

Musée des Confluences de Lyon

Non, sérieux : quand je vous disais qu'il a visiblement la myxomatose, ce lapin. Là, on est tranquille : pas besoin de garde, car aucun enfant n'a envie de le caresser.

Musée des Confluences de Lyon

Et si c'est pas des beaux plis bien artificiels, à la base du cou de cette girafe qui n'écarte pas les pattes, je ne m'y connais pas en ongulés artiodactyles ! Je crois que c'est parce que les conservateurs ont tellement honte de lui avoir fait subir ce sort qu'ils ne l'ont pas placée dans le guide illustré. Même le zèbre, au fond, a l'air outré.

Musée des Confluences de Lyon

Un échidné, qui permet de se rendre compte que ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont fait les panneaux et placé les animaux en vitrine. Du coup, ceux-ci ne sont pas à proximité les uns des autres. pfff...

Musée des Confluences de Lyon

Une pomme de pin Un pangolin indien. En hiver, il se caille...

Musée des Confluences de Lyon

Lui, je n'ai pas vu son étiquette, mais c'est vraisemblablement un panda roux, le fameux "Firefox" qui donne son nom au meilleur navigateur Web.

Musée des Confluences de Lyon

Un agent du fisc Un opossum de Virginie. En fait, c'est assez flippant, comme bestiole. Un soir ou une nuit au coin d'un bois, si ça vous tombe sur l'épaule, je n'en connais pas beaucoup qui resteraient stoïques...

Musée des Confluences de Lyon

Un Aï ("C'est Sid de l'Âge de Glace" explique une mère à son fils).

Musée des Confluences de Lyon

Un rat-trompette ou desman des Pyrénées. Bon, normalement, on ne doit pas se moquer, mais là, franchement, on a le droit !

Musée des Confluences de Lyon

Un tatou à trois bandes, qui a servi pour la dernière coupe du Monde. On ne voit pas pourquoi.

Musée des Confluences de Lyon

Dans le noir, gare à ne pas se faire encorner par mégarde en posant la main sur le phacochère.

Musée des Confluences de Lyon

Sans doute un autre symbole issu d'une longue réflexion conceptuelle qui a fait mal aux diptères : les espèces disparues sont fort intelligemment placées à 3 mètres du sol. Hors d'atteinte. Presque hors de vue.

Musée des Confluences de Lyon

Avez-vous vu le tamanoir ? Ciel bleu, ciel gris, ciel blanc, ciel noir. (Robert Desnos)

Musée des Confluences de Lyon

Je n'ai pas le nom de ces sortes de grosses perdrix, étant donné que la super machine qui éclaire telle bestiole quand on appuie sur son écran était en panne. Mais, objectivement, bien grillé dans une assiette, ça doit être pas mal...

Musée des Confluences de Lyon

Sans doute des colibris. Vive la technique ! Avec, au passage, l'impression qu'il y a mille fois plus de bouts de métal noir dans tous les sens que d'oiseaux. C'est moche et pas agréable à regarder.

Musée des Confluences de Lyon

À vue de bec nez, je dirais une sorte de martin-pêcheur.

Musée des Confluences de Lyon

Bon, ici, c'est vraisemblablement un moineau qui veut se faire aussi gros qu'un bœuf, mais qui n'y arrivera pas.

Musée des Confluences de Lyon

Alors là, soit le taxidermiste n'était pas à jeun, soit je ne sais pas ce que c'est. Mais ça fait peur.

Musée des Confluences de Lyon

"Eh, les gars, j'ai une nouvelle idée conceptuelle : si on utilisait une bête à cornes comme support de projection. – Ouah, génial ! T'es trop fort, Marcel !"

Musée des Confluences de Lyon

Un autre masque africain, comme dans toutes le salles, en fait, quel que soit leur thème.

Musée des Confluences de Lyon

Un appareil de radiographie (parce que dans cette salle, entre les animaux empaillés, le sphinx, et les lamantins en métal, il y a une expo permanente sur les microscopes médicaux. Trop conceptuel pour moi).

Musée des Confluences de Lyon

"Eh, les gars, j'ai encore une idée : si on utilisait de gros triangles pour projeter des photos de pollution. – Chiche !"

Musée des Confluences de Lyon

Un sympathique crâne de dodo. Il n'en existe aucun exemplaire naturalisé, mais seulement quelques squelettes.

Musée des Confluences de Lyon

Le loup de Tasmanie, éradiqué avec succès depuis 1936.

Musée des Confluences de Lyon

Un des aïeux d'E.T., qui n'a pas le doigt lumineux et ne rentrera jamais à la maison. Bref : il n'est pas dans le guide et j'ai oublié de photographier son étiquette.

Musée des Confluences de Lyon

Ça non plus, mais le sot-l'y-laisse de cette bestiole devait bien peser un kilo... Miam !

Musée des Confluences de Lyon

Apu Kaz (une mère et son bébé dugong) par Dennis Nona, Australie (2006).

Musée des Confluences de Lyon

Un espace d'observation permet, au bout du couloir du deuxième étage, de voir la confluence (à gauche) tout en restant au chaud. Au centre, on aperçoit le Grand Aquarium : pour le prix d'un esturgeon femelle gravide, on peut caresser des poissons.

Musée des Confluences de Lyon

Je redescends au premier étage, celui des expositions temporaires. J'évite de nouveau celle où il faut faire la queue. Pfff. Au loin, on aperçoit les dalles vitrées.

Musée des Confluences de Lyon

Celles-ci n'ont pas été réparées (le temps que le beau-frère d'un promoteur monte une entreprise de réparation de dalles de sol qui facturera le changement 4 ou 5 millions d'euros à la municipalité ?), mais tout le monde continue à marcher dessus en rigolant.

Musée des Confluences de Lyon

L'exposition Guimet : dans quelle situation peut-on avoir besoin d'une valisette de tubes à essai remplis de poudre bleue ? À moins d'être un représentant en poudre bleue, je ne vois pas...

Musée des Confluences de Lyon

"Les gars, je tiens l'idée du siècle : on va mettre des livres dans un tiroir, derrière une vitre, et les gens le sortiront du mur. – Ouais, mais Marcel, un tiroir, en général, c'est empilé sur d'autres, pour gagner de la place... – C'est là que mon idée est révolutionnaire : on ne gagne pas de place. – Marcel, t'es trop fort !"

Musée des Confluences de Lyon

Une projection d'un film en plein milieu de la salle. Il y a plein de gens qui regardent. Ça doit être bien, mais je sature d'infos sur Guimet. J'aurais préféré voir plus d'objets...

Musée des Confluences de Lyon

"Eh, les gars, j'ai une encore une idée, décidément ! Si on cachait les objets derrière un tissu...

Musée des Confluences de Lyon

... Et qu'on ne les éclairait que par intermittence, quand les gens ne sont pas à proximité. – Marcel président !"

Musée des Confluences de Lyon

Ceci n'est pas la lampe d'Aladdin, mais un brûle-encens en forme d'oiseau (Bronze, Iran, XIXe).

Musée des Confluences de Lyon

Un fragment de frise de revêtement architectural d'Ouzbékistan en céramique ( XVe).

Musée des Confluences de Lyon

Moult statues de style assez proche, rapportées par Émile Guimet de ses voyages. J'avais oublié que le premier étage ne présente que des expositions temporaires, et est donc absent du guide.

Musée des Confluences de Lyon

Une stèle de Sésostris-Ankh (vers 1797-1715 av. J.-C.)

Musée des Confluences de Lyon

Des serviteurs funéraires en terre cuite (Égypte, 1200-322 av.j.-C.)

Musée des Confluences de Lyon

Une stèle des Palmyréniens de Coptos en grès (Égypte, époque romaine, IIe-IIIe siècles).

Musée des Confluences de Lyon

Un masque chinois en terre crue (sic) (IIe-IIIe siècles itou).

Musée des Confluences de Lyon

"Au fait, il est où Toutankhamon ?" demande une jeune femme à sa copine. Je résiste à la tentation de lui dire qu'il est sans doute encore dans la vallée des Rois. Sa question rencontre la mienne : mais où sont donc passées toutes les momies du musée Guimet de mon enfance ? Là, il y a pénurie. Et entre une vraie momie "à la Tintin" et les momies de poisson ou de rat musqué, il n'y a quand même pas photo. J'espère qu'il s'agit de créer de l'attente avant une expo temporaire sur le thème de l'Égypte ancienne.

Musée des Confluences de Lyon

Le fameux tableau que l'on ne peut admirer que dans la pénombre. Je pense à regarder l'étiquette, cette fois : il s'agit d'une conférence religieuse au temple kenninji de Kyoto par Félix Régamey (1877-1878).

Musée des Confluences de Lyon

Un Krishna de la fin du XIXe siècle, dont je n'avais pas remarqué qu'il risque de créer un attroupement d'élèves de cycle 3 hilares quand nous visiterons la salle. Accessoirement, une erreur d'accord sur sa légende indique "Musée des confluence". Fichues légendes imprimées sur une sorte de toile cirée, qui ne rend le texte réellement lisible que dans un angle de 3,5°, du fait des nombreux reflets lumineux. Encore un coup de Marcel.

Musée des Confluences de Lyon

À force de se nourrir de lotus, on prend un teint verdâtre. Khrisna ? J'ai encore omis de conserver une trace de l'étiquette...

Musée des Confluences de Lyon

Une ronde de Krishna en terre cuite, par des gardiennes de vaches (fin du XIXe début du XXe s.)

Musée des Confluences de Lyon

La signalisation, qui me donne plein d'idées de détournement avec des personnages qui se cassent la figure dans le noir.

Musée des Confluences de Lyon

L'entrée du musée, vue de l'intérieur, avec le bas du "diamant" à droite.

Musée des Confluences de Lyon

Effectivement, vers 17h45, il n'y a plus qu'une centaine de personnes... À droite la queue pour les billets (vivent les e-billets, donc) et à gauche celle pour les pass (45 minutes d'attente pour cette dernière, dans ce cas de figure : j'ai re-testé). J'en profite pour signaler au sympathique sosie de Karin Viard qui remet les pass que ceux-ci, étant imprimés avec de l'encre liquide sur une carte en plastique, s'effacent si l'on passe un doigt humide ou mouillé dessus. Marcel a encore frappé. Il faudra prévoir la pose d'un autocollant transparent...

Musée des Confluences de Lyon

Je refais un petit tour dans la boutique, et retrouve les fragments de Lune et de Mars...

Musée des Confluences de Lyon

... qui sont en réalité de minuscules bouts de météorites d'une composition estimée semblable à celle de notre satellite ou de notre planète voisine. Bouh ! On n'est pas loin du dol...

Musée des Confluences de Lyon

Si vous voulez des moustiques pris dans de l'ambre pour fabriquer, au hasard... des dinosaures, servez-vous !

Musée des Confluences de Lyon

Alors là, si l'adjudicataire en charge de nos fournitures scolaires pouvait proposer ces modèles de cahiers, il y aurait tout pleins d'élèves (et au moins un instit) ravis !

Musée des Confluences de Lyon

Si vous avez 1500 €, vous pouvez vous acheter un oiseau qui écarte les ailes au-dessus d'un œuf doré. Si vous avez 1500 €, vous pouvez également en faire don à la coopérative de ma classe, nous en ferons un bien meilleur usage.

Musée des Confluences de Lyon

Dans la boutique peuvent être achetés des crânes d'oiseaux sous cloche. C'est historiquement conceptuel. Sans doute pour illustrer la théorie de l'évolution.

Musée des Confluences de Lyon

À 18h30, il n'y a plus personne dehors pour faire la queue, puisque l'on ne vend plus de billets d'entrée. Personne n'a pensé à en informer les employés en gilet orange fluo, qui s'ennuient sous la pluie froide. Accessoirement, personne n'avait envisagé que les escaliers pourraient devenir glissants quand ils sont mouillés. Pour seulement 6 millions d'euros, je me propose de les repeindre avec une matière antidérapante. Me contacter par mail privé.

Musée des Confluences de Lyon

En fait, toutes les ampoules du musée sont tournées vers l'extérieur ; ce doit être pour ça que l'on ne voit rien dedans... Il faut absolument créer un poste pour calmer Marcel et ses "bonnes idées". Accéderai-je un jour à la salle 21 ? La suite à la prochaine visite. Demain.

jeudi 25 décembre 2014

Le musée des confluences (1)

Quand on habite à Lyon, près de Gerland, et qu'on n'est pas fan de foot, on est habitué à se déplacer en direction du Nord pour trouver des choses intéressantes. Depuis quelques années, le quartier désormais appelé "de la Confluence", au Sud-Ouest de Gerland, est en pleine réhabilitation ; c'est-à-dire que le centre commercial le plus mal pensé d'Europe (il y a un véritable boulot universitaire à faire sur cette accumulation d'idées stupides...) côtoie l'hôtel de région flambant neuf (enfin, pas trop flambant, espérons, vu la quantité de bois qui le recouvre) et d'immondes zones de pseudo-décharge bobos qui accueillent des expositions (la Sucrière), des vogues ou des cirques. À cela s'ajoute la prolongation du tramway, la création du Pont Raymond Barre (non, SVP, ne riez pas...) et donc, le désormais ouvert Musée des confluences, qui était pour moi jusqu’alors plus proche d'une bouse de l'espace que d'autre chose. J'ai décidé d'aller voir à quoi ressemblent les 530 € d'impôts locaux que cet édifice m'a virtuellement coûtés.

Musée des Confluences de Lyon
Le musée, vu de son parvis.

Notez que le trou, au milieu de la toiture, est volontaire. Sans doute est-ce un hommage de l'artiste à l'état des finances municipales après que ce projet, voté pour 60 millions d'euros, en a déjà coûté 260 (l'indicatif qui suit "après que" est vraiment moche).


Musée des Confluences de Lyon
Le Pont Raymond Barre, lui, n'a coûté que 20 millions d'euros.

Effectivement, si vous êtes de mauvaise foi, vous observerez qu'il y avait déjà un pont à peu près 6 mètres derrière mais bon, quand on aime les ponts, on ne compte pas.


Musée des Confluences de Lyon
Vue, justement, de la confluence, entre le Rhône (à gauche) et la Saône (à droite, si vous avez suivi).

Il y avait foule à l'entrée (double queue de 300 personnes parquées par des bonshommes orange fluo devant et autant à l’intérieur). J'ai décidé de laisser tomber pour cette fois. Avisant le panneau "boutique", sur le côté, je me suis dit que je n'avais pas tout perdu, et que je trouverais peut-être un ou deux jolis cadeaux de dernière minute. Ben, du coup, je suis rentré à l’intérieur du musée, mais sans faire la queue et sans l'avoir prévu.


Musée des Confluences de Lyon
Le mammouth de Choulans, connu de tous les petits Lyonnais nés avant 1995.

Bon, la boutique est très chouette. Mis à part le fait que l'on doive essayer trois ou quatre portes avant de s'apercevoir qu'il n'y a qu'une seule entrée/sortie, sans détecteur ni gardien. À l’intérieur, tout est basé sur la confiance, vu que les deux sympathiques caissières sont débordées et que chacun est invité à se servir lui-même de ce qu'il veut. Je ne suis pas convaincu que l'état des stocks corresponde au décompte des caisses à la fin du mois...


Musée des Confluences de Lyon
Une belle collection de bêtes à cornes.

Parmi les petites choses vendues parfois très cher (90 €), on trouve des morceaux de la Lune (admettons, sur les quelques centaines de kilos rapportés, c'est plausible...), mais également des morceaux de Mars (j'ignorais qu'on avait réussi à faire décoller quelque chose de cette planète). Mouais...


Musée des Confluences de Lyon
Étant donnée leur taille, ce doivent être des tigrous de Sibérie.

Une fois ressorti de la boutique (avec sac et ticket de caisse s'il-vous-plaît), un dilemme s'est posé à moi : laisser tomber, comme prévu, ou bien faire la queue avec les 300 personnes, devant les 300 autres que j'avais honteusement grillées. Un des vigiles gardiens balayeurs cerbères employés du musée m'a tiré de l'embarras en m'indiquant que, pour acheter un Pass permanent (je ne suis plus à 30 euros près, étant donné ce que m'a déjà coûté cette bâtisse), il ne fallait pas faire la queue avec tout le monde, mais se rendre à un autre stand, devant lequel ne patientaient (Alléluia !) que dix personnes. J'ai donc rangé ma culpabilité dans mon sac de la boutique, avec mon guide à 15 €. Mon karma m'a rattrapé puisque j'ai dû patienter un bon quart d'heure en compagnie d'un pseudo François Pignon (dans la version du Dîner... jouée par Jacques Villeret, si vous voyez).


Musée des Confluences de Lyon
Les conservateurs ont un peu plié le cou de la girafe, mais cela permet de mieux la voir...

Sitôt muni du précieux sésame, c'est parti pour le premier non le deuxième étage, en passant par un escalier mécanique visiblement en fin de vie, étant donné ses grincements insupportables. Deux ou trois agents du musée se tiennent à ses côtés dans ses - visiblement - derniers instants et prient intérieurement pour qu'il tienne jusqu'à la fermeture. Parce qu'en fait, le Plan B consiste en deux petits ascenseurs dont un est en panne. Et que dans ce musée qui fait plutôt petit vu de l'extérieur, un étage fait 10 mètres. Et que faire monter 10 mètres à une foule par un escalator en panne, c'est un défi du Téléthon, pas du quotidien.


Musée des Confluences de Lyon
Un babouin qui se demande visiblement pourquoi on lui a flanqué un lapin atteint de myxomatose juste à côté.


Arrivé au deuxième étage, celui de l'exposition permanente, je pars à droite en direction d'un cul de sac. En fait, non, ce sont les toilettes, mais j'ai pas envie. Je rebrousse donc chemin, étonné que personne ne m'ait demandé de montrer mon super-pass-annuel-de-la-mort-qui-tue. Finalement si, trois personnes, dont, décidément, je ne parviens pas à comprendre si ce sont des vigiles, des gardiens, des tueurs à gage, des étudiants ou des chefs de rayon, sont postées dans le passage et scannent vaguement à la volée les tickets.

Musée des Confluences de Lyon
Un biface ! Vite, une photo pour les élèves : nous bossons la Préhistoire...

Là, pas de bol, la salle 21, qui a l'air d'être la plus intéressante, est précédée par une queue de 300 personnes (encore !). On verra une autre fois... Tiens, un tunnel sans indication. Bizarre, les gens ont plutôt l'air de sortir, on verra plus tard... Je me dirige donc vers la salle 22. Qui est noire. Bonne nouvelle, un type visiblement chargé d'abattre sur le champ tout visiteur qui s'aviserait de toucher un poil de l'ours brun empaillé m'informe que les photos sont autorisées, mais sans flash. Du coup, c'est très pratique d'avoir plongé toutes les salles dans une pénombre telle que personne n'ose lâcher la main des enfants de moins d'1,20 m de crainte de ne pas les retrouver, si bas.


Musée des Confluences de Lyon
Derrière les reflets sur les vitres, des papillons...

J'avance donc, plus ou moins à tâtons. Je retrouve des animaux que j'avais vus enfant (moi, pas eux) au musée Guimet, à côté du Parc de la Tête d'Or, avant que celui-ci soit fermé pour des raisons de sécurité. Bon, un animal empaillé, ça ne ressemble pas toujours à l"original. Un pauvre lapin tout pourri est visiblement là pour nous le rappeler (celui de ma classe, quoique extra-nain, est beaucoup plus vaillant).


Musée des Confluences de Lyon
Bon, il y a de très belles pièces...

Je change de salle. La 23 est gardée par un cerbère qui ne veut laisser entrer personne. On verra donc une autre fois.


Musée des Confluences de Lyon
Là, c'est le conseiller municipal qui a voté pour un musée à 60 millions...

Je vais dans la 24. C'est l'inventaire à la Prévert. Le thème principal tourne autour des activités humaines, et l'on trouve donc un peu tout et n'importe quoi. C'est plaisant, quoiqu'encore super-sombre : équipement de samouraï, machine à pasteuriser je ne sais quoi, accélérateur de particules des années 1930, machine à crypter de l'OTAN, vieille voiture, plus des petites salles avec des vidéos sur lesquelles se superposent des jeux genre "ping - 1980" prises d'assaut par des enfants. Bon, on reviendra plus tard...


Musée des Confluences de Lyon
Ici, c'est le même, après avoir pris connaissance du dérapage financer de 200 millions.

Je quitte la 24 et décide de prendre le couloir sombre sans nom. Tiens, j'arrive au milieu de la 21, mais il y a un muret qui nous sépare des visiteurs. J'en profite pour admirer, de loin, le mammouth de Choulans, qui a fait rêver (ou cauchemarder, c'est selon) beaucoup de petits Lyonnais pendant des décennies.


Musée des Confluences de Lyon

Je descends un escalier, sans indication... J'arrive face à un grand tableau, judicieusement plongé dans la pénombre pour qu'on n'arrive pas vraiment à savoir ce qu'il représente. A priori des ambassadeurs dans un pays d'Asie. Note perso : penser à apporter une lampe de poche la prochaine fois.


Musée des Confluences de Lyon

Je me retrouve dans ce qui est visiblement la collection asiatique. Très joli, très rouge. Bon, le dinosaure, ce ne sera pas pour cette fois.


Musée des Confluences de Lyon
On faisait de belles choses en ivoire...

Musée des Confluences de Lyon
Et on faisait de belles choses en pierre...

Je poursuis mon trajet et sors d'une salle du premier étage (?) en marchant sur de grandes vitres qui laissent voir le sol, 10 mètres plus bas. J'espère secrètement que ça tiendra et regrette de ne pas avoir attendu deux bonnes semaines, histoire d'être sûr que ça tienne avec tous ces visiteurs. Arrivé au bout des dalles vitrées, je m'aperçois que ça tient bien. Pour preuve, deux vitres sont cassées (et bien cassées, avec infiltrations liquides dessous, etc.) et personne (pas même l'employée qui glandouille à côté) n'a envisagé de mettre un plot pour indiquer aux visiteurs de marcher ailleurs. Ce doit donc être du solide. J'aurais dû avoir confiance.

Musée des Confluences de Lyon
Au milieu de tout cela, une tête d'Alexandre.

Je décide d'aller faire un tour sur le toit, puisqu'il paraît qu'on peut y accéder. J'emprunte un chemin qui serpente autour du "diamant" (le nom que les gérants tentent de vendre au public pour désigner l'entrée et son "trou", mais qui rappelle plutôt le coût faramineux de la chose). Du zirconium aurait aussi bien fait l'affaire... ;o)

Musée des Confluences de Lyon
Beaucoup de statues se ressemblent énormément... Celle-ci est surnommée "le contribuable furieux".

Des câbles trainent, les marches des escaliers, en béton, sont parfois bien amochées (mais bon, si c'est pour rajouter 3 millions en changeant deux marches, on va faire avec), personne n'a jugé utile de ramasser les déchets qui traînent au sol des salles privatisables visiblement en cours d'aménagement au troisième étage)... Il y a beaucoup de gens un peu partout qui surveillent on ne sait quoi, mais j'ai l'impression que personne n'a un regard d'ensemble en se disant : "Là, ça fait crade, il faudrait nettoyer..."


Musée des Confluences de Lyon
Une machine à crypter de l'OTAN.

Sur le toit, un pauvre gars en gilet orange fluo surveille dans le froid (il n'a pas dû être sage pour avoir récupéré ce poste, alors que les autres papotent bien au chaud dedans). La vue est sympa, même si le côté biscornu du toit ne permet finalement pas de voir grand chose.

Musée des Confluences de Lyon
En cas de tendinite, c'est la déprime pour le kiné...


Musée des Confluences de Lyon
Vue sur l'A7. Et les nouveaux bâtiments de la Confluence.

Un café/fast-food se trouve sur le toit. Il est pris d'assaut par (seulement) 50 personnes. Il faut dire que la belle police d'écriture choisie pour indiquer les prix amène tout le monde à confondre les 3 et les 5, ce qui fait qu'on entend des "5 euros la bouteille d'Evian, mais ils sont tarés !". Déjà qu'à 3 euros... Forcément, on perd du public en route.


Musée des Confluences de Lyon
Vue sur le "diamant"
(comme on voit, l'eau ne peut pas couler à l’intérieur du "trou").

Je redescends donc, pas par les ascenseurs à moitié en panne et systématiquement symétriquement opposés à moi par rapport au rez-de-chaussée, mais par l'étroit chemin qui serpente autour du "diamant" et où les poussettes croisent les gens qui s'arrêtent un peu partout pour prendre des photos.


Musée des Confluences de Lyon
Vue de côté.

Bon, en conclusion, c'est prometteur. Cela donne l'impression d'être plus grand à l’intérieur que vu de l'extérieur. Curieusement, alors que tout est vitré, les salles d'exposition sont très, très sombres. J'y retournerai bientôt (et sans doute assez souvent), histoire de parcourir l'intégralité du lieu dont, pour l'instant, je n'ai pas réussi à saisir la logique interne. Une toute petite partie des objets est exposée, c'est dommage (le musée compte, je crois, plus de deux millions de pièces, dans son fonds). Mais il reste des choses à mettre en place : réparer rapidement les trucs cassés, permettre plus facilement de distinguer les fonctions des videurs/gardiens/personnes-ressources, mettre des distributeurs de tickets, comme au cinéma, pour limiter l'attente aux caisses, graisser ce fichu escalator... et réfléchir à cet accès-boutique qui sert de coupe-file, en fait. Ça ne valait peut-être pas 530 €, mais c'est pas mal quand même, comme équipement touristico-culturel...

vendredi 19 décembre 2014

Autoportraits au vidéoprojecteur

Histoire d'illustrer les portraits croisés élaborés par nos agents secrets, chacun dessine ces jours-ci un autoportrait en grand format (technique dont j'ai déjà parlé l'an dernier)... Nous nous aidons du logiciel Android (disponible sur smartphone) "Manga generator"...

Autoportraits au vidéoprojecteur

Il est vrai que l'activité nécessite une bonne surface au sol... et/ou une désynchronisation des travaux.


Autoportraits au vidéoprojecteur

On découvre ainsi qu'il est possible de prolonger la durée de vie d'un feutre Visacolor en retirant momentanément son bouchon blanc et en versant un peu d'eau sur le tampon...


Autoportraits au vidéoprojecteur

Le tout est affiché sur les vitres de la classe pour quelques jours...


Autoportraits au vidéoprojecteur

...ce qui est du plus bel effet, vu de dehors et de loin.


Autoportraits au vidéoprojecteur

Certains s'en sortent pas mal de près aussi... même s'il leur faut ensuite convaincre leurs parents qu'ils l'ont fait tout seuls... :o)

Histoire de devancer les mails que je reçois à chaque photo laissant apparaître Noisette, le lapin nain : oui il reste comme ça, sans cage, y compris le week-end. Non, il n'en sort pas. Il est paisible, se laisse caresser et prendre. Et non, il n'est pas à vendre ! ;o)

Bonne dernière journée de classe de l'année ! :o)

mercredi 17 décembre 2014

Le Livre de Perle de Timothée de Fombelle

L'an dernier dans le cadre des Assises Internationales du Roman, nous avons eu le plaisir, avec un collègue, de recevoir la visite de Timothée de Fombelle (puis de le revoir quelques mois plus tard) et de réaliser une lecture-marathon des 700 pages de Tobbie Lolness... Lors de sa venue, Timothée nous a parlé du projet d'écriture sur lequel il travaillait. Celui-ci s'est concrétisé sous la forme du roman Le Livre de Perle, qui vient de paraître. Mieux vaut ne pas trop en dire, si ce n'est qu'il traite de personnages de contes de fées coincés dans notre monde...

J'ai posé quelques marques-pages au fil de ma lecture...

Le Livre de Perle
Cliquez pour accéder aux 23 citations.

Un mauvais point au "corekteur" de Gallimard (qui a dû bosser sur le premier texte de Saint-Exupéry dans l'intégrale de la Pléiade, bourré de coquilles...), qui a laissé passer p.90 une belle erreur d'accord : "Le trappeur les écartaient avec des cris et des claquements de fouet."

Citations :

“La nuit avait tout fait pour que je tombe avant elle.” (p.17)

“Je venais de lui dire ce que je n’aurais pas raconté à mon meilleur ami ou à mes frères. Mais sans voir son visage, je savais en fait qu’il connaissait tout cela, que cette douleur avait déjà traversé sa vie.” (p.35)

“C’était une bonne humeur un peu forcée, pas très naturelle, celle des chiens qui viennent de voir leur maître pleurer.” (p.41)

“C’est quelque chose qui peut remplir la vie. Et tourner dans toi jusqu’à ta mort.” (p.52)

“« — Tu as fait un tour ?
Il acquiesçait de la tête.
— C’est bien, disait-elle. Et tu ne voudrais pas l’amener au cinéma ?
— Non.
Mme Perle savait bien que les salles de cinéma faisaient généralement avancer les histoires.” (p.66)

“Il connaissait des royaumes où les belles finissaient par se réveiller.” (p.84)

“À la suite de son parrain, Iån avait épuisé son territoire et il commençait à vouloir explorer les autres royaumes, ceux qu’on appelait les royaumes achevés parce que leur histoire était finie et qu’ils auraient dû vivre en paix.” (p.85)

“Tous les enfants perdus sont mes enfants.” (p.97)

“Il passait sa vie à se rendre invisible, à donner l’illusion de ne jamais être né.” (p.102)

“Elle aussi découvrait ce secret interdit aux fées, l’amour, cette force qui fait vivre. C’est-à-dire qui fait naître et qui fait mourir.” (p.105)

“Au fond du désert, il laissait boire son cheval avant lui à sa gourde.” (p.110)

“C’est à cause de la douceur de certains instants dans notre monde qu’il se répéterait toute sa vie que, pour conserver en lui le désir de repartir, il devait garder son chagrin vivant.” (p.141)

“Je veux qu’un jour tu ne reviennes pas.” (p.145)

“La nuit était assez sombre pour qu’elle ose dire tous ses secrets.” (p.151)

“— Est-ce que tu penses à ce qu’elle fait en ce moment ?
— Non.
— Pourquoi ?
Iliån ne répondit pas.
— Tu devrais l’imaginer, dit Alexandre.
— Je ne veux pas.
— Tout commence par là. La vie vient juste derrière. Elle suit comme un petit chien derrière l’imaginaire.” (p.179)

Il leur faudra des preuves.” (p.181)

“Le bonheur est cette danse où l’on s’approche et l’on s’écarte sans se perdre.” (p.206)

“De même qu’on ne se brûle pas en passant la main rapidement dans les flammes, il comprit qu’en surgissant et en disparaissant aussi vite, on pouvait affronter les ennemis les plus impitoyables.” (p.233)

“Elle s’était arrangé elle-même dans sa chambre avec des ciseaux de cuisine une coiffure si triste qu’elle aurait dû être interdite par la loi.” (p.252)

“La machine à remettre du possible dans l’impossible.” (p.276)

“Il y a un pouvoir qu’on garde toujours. Pas besoin d’avoir été comme moi pour l’avoir.
Elle parlait plus bas. Je tendais l’oreille.
— C’est de rendre tristes les gens.” (p.280)

“Les histoires nous inventent.” (p.285)

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