Quoi de neuf ?

dimanche 22 mars 2015

Les liaisons talentueuses

Il s'est fait attendre, ce "Mourlevat 2015"... (notez ces points de suspension : ce seront les seuls du billet). Ce n'est pas la réédition de trois histoires pour enfants en 2014 qui aurait pu nous faire oublier que les nouvelles de "Silhouette" ou la courte biographie de Sophie Scholl datent de 2013. Et qu'auparavant, "Terrienne" était paru en 2011. Ce n'est d'ailleurs pas "un" Mourlevat pur jus, puisque l'écrivain stéphanois s'est associé pour l'occasion à Anne-Laure Bondoux, et que cela donne un bel échange épistolaire qui nous tient en haleine tout au long des 280 pages du roman : Et je danse, aussi.

Et je danse, aussi
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(mais vous pouvez aller dans votre librairie préférée, c'est encore mieux).

Un célèbre auteur, Pierre-Marie Sotto, reçoit un jour dans sa boîte aux lettres une enveloppe, contenant visiblement un document épais. Se doutant qu'il s'agit-là d'un énième manuscrit sur lequel un écrivain en herbe lui demande son avis, et que cela le fatigue d'avance, il se refuse à l'ouvrir et envoie un mail à l'adresse inscrite au verso. Démarre ainsi une correspondance avec Adeline Parmelan, qui nous emmène à la rencontre de deux solitudes... (ah non, zut, j'ai dit "plus de points de suspension !) Personnages et lecteur iront ainsi bien plus loin qu'ils ne l'auraient imaginé de prime abord. La taille réduite des courriels (8 pages maxi) rend l'ensemble dynamique et très facile à reprendre lorsqu'on doit en quitter la lecture. L'ouvrage (pour adultes) se dévore en quelques heures... (argh, tant pis pour les points de suspension !) y compris dans le métro, où la difficulté de contenir certains rires à la découverte d'un certain courriel a dû amener quelques voyageurs à s'inquiéter de ma santé mentale. Un petit clin d'oeil aux numéros de téléphone, magistralement intégrés... Retrouvez une présentation des autres romans de Jean-Claude Mourlevat sur cette page dédiée du site.

En résumé, il n'y a qu'un souci : ça coûte cher en Post-it... (et-toc, re-points !)

Et je danse, aussi

Quelques morceaux choisis (parmi beaucoup), qui ne révèlent pas d'élément déterminant de l'intrigue :

"J'ai la conviction qu'on croise au quotidien ou presque des Proust, des Kafka, des Faulkner qui ne le savent pas et qui restent agents immobiliers, professeurs de judo ou moniteurs d'école. J'exagère à peine. À l'inverse, je connais pas mal d'écrivains qui sont les seuls à penser qu'ils le sont, mais c'est un autre sujet." (p.21)

"Dieu soit loué, vous y recourez peu, aux points de suspension, et c'est tant mieux. Je ne les aime pas, et d'ailleurs je vous mets au défi d'en trouver plus d'une quinzaine d'exemplaires dans tous mes livres. Ceux qui les utilisent me rappellent les types qui font mine de vouloir se battre, qui vous forcent à les retenir par la manche et qui vocifèrent : retenez-moi ou je lui pète la gueule à ce connard ! En réalité, ils seraient bien embêtés qu'on les laisse aller au combat. De même, ces obsédés des points de suspension semblent vous dire : ah, si on me laissait faire, vous verriez quelle superbe description je vous brosserais là, et ce dialogue percutant, et cette analyse brillante. J'ai tout ça au bout des doigts, mais bon je me retiens. Pour cette fois ! On a envie de leur suggérer à l'oreille : laissez-vous donc aller, mon vieux, ne muselez plus ainsi ce génie que l'on devine en vous et qui ne demande qu'à nous exploser à la gueule. Lâchez-vous et le monde de la littérature en sera sous le choc, je vous le garantis." (p.28-29)

"Une raison de trouver que la vie est belle, c'est de pouvoir un matin annoncer à celui, celle ou ceux qui en sont pas encore debout, ou à soi-même si l'on est seul, cette nouvelle en trois mots : il a neigé." (p.50)

"Comment fais-je pour être l'ami d'un type dont la dernière lecture est sans doute le code de la route ?" (p.82)

"Je méprise les points de suspension, mais j'abuse des parenthèses, chacun son vice, mais reconnaissez avec moi que les parenthèses nous offrent quelque chose en plus tandis que les points de suspension nous en privent." (p.85)

"J'éprouvais [en regardant cette pièce de théâtre] le même sentiment que lorsque je dois manger végétarien : pourquoi m'inflige-t-on ça ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? pourquoi suis-je puni ?" (p.93)

"Parle-moi... Parce que si tu te tais, c'est moi qui vais parler, poussée par le silence, et ce que je te dirai renversera les murs et la maison tout entière." (p.108)

"« Ce que tu as enterré dans ton jardin ressortira dans le jardin de ton fils. »" (p.193)

"Je veux bien jouer à 1, 2, 3... soleil ! avec vous. Je compterai même si lentement et je me retournerai si lentement que vous aurez le temps de vous rapprocher sans que je vous surprenne." (p.205)

"Je me rappelle cette soirée chez nous où tu as cloué le bec à ce collègue écrivain plutôt bavard et pédant en lui rappelant qu'un cheval pouvait être caparaçonné et non pas carapaçonné. Il l'a fermée pendant plus de trente secondes et c'était bon !" (p.212)

"J'ai remplacé le footing par le fooding, et j'ai repris kilo après kilo." (p.222)

"Nous ne sommes pas les héros de notre propre histoire." (p.226)

"Il n'y a pas de hasard, mais des occasions." (p.231)

"Le mieux, à mon avis, c'est de ne plus en parler pendant quelques années, jusqu'à ce qu'on soit capables d'en rire." (p.246)

"J'irai donc, je me lèverai et m'assoirai docilement avec tout le monde, dans l'église. J’irai même jusqu'à esquisser un signe de croix. Si le prêtre est bon." (p.262)

vendredi 20 mars 2015

La Grande Peur de l'an 2015

Bien tard, le ministère de l'Education fait volte-face et décide d'encourager ce que moult inspections académiques avaient explicitement interdit : l'observation de l'éclipse de ce vendredi 20 mars. Quel dommage que quelques unes des dizaines de milliers d'euros englouties récemment en publicités télévisées et papier pour nous informer que "L'école change avec vous" (chouette ! Et alors ?) n'aient pas été investies dans la production de jolies lunettes d'observation solaire estampillées "ministère de l'Éducation nationale" et offertes à tous les élèves... Bon, à la décharge des décideurs, une éclipse de soleil est un phénomène tellement brutal et imprévisible (d'aucuns l'avaient annoncée il y a plus de 200 ans...) que les délais de fabrication n’auraient sans doute pas pu être respectés... ;o) Au passage, bravo également aux oculistes, champions pour offrir des troisièmes paires de lunettes dont on ne sait que faire, mais incapables d'anticiper la demande de produit de protection oculaire à bas coût.

Un très bel article a été écrit par l'astrophysicien Hervé Dole dans Le Monde de ce vendredi. Je ne peux que vous inciter vivement à le lire : il est essentiel. Cliquez sur la photographie pour y accéder...

mardi 17 mars 2015

Le feuilleton d'Ulysse de Muriel Szac

Aaaah, enfin ! Plein de bonnes lectures au courrier ces trois derniers jours (j'ai réussi à choper la factrice qui ne parvient jamais à trouver l'entrée de l'école, à la différence des 250 élèves, avant qu'elle dépose en douce son mot habituel "absent" dans la boîte aux lettres... Gnarf !).

Le feuilleton d'Ulysse ! Ce n'est pas faute d'avoir attendu... L'ouvrage, sitôt paru, est déjà en rupture de stock chez Amazon, ce qui est de bon augure. La préface de Serge Boimare nous assure que ce roman est dans la lignée de ses deux grands frères... La présentation dans la classe, avec les souvenirs émerveillés des aventures d'Hermès et de Thésée, que les élèves se sont transmis ou remémorés, fait que la lecture collective n'attendra finalement pas l'année prochaine. C'est soit ça, soit un lynchage de l'enseignant. Bon, voilà donc un projet de fiches qui s'ajoute à tout le reste : je ne suis pas certain de pouvoir le mener à bout sur la durée cette année...

Une seule mauvaise nouvelle : malgré ma supplication adressée en voix propre à l'auteure (dont je croyais qu'elle avait été entendue), toujours pas de léger retrait en début de paragraphe, ni de saut de ligne entre deux d'entre eux... On reste dans les gros aplats de texte rectangulaire qui n'aident pas, mais alors pas du tout au repérage. Et je ne parle pas du refus d'aller à la ligne pour les dialogues, qui enchaînent ainsi les guillemets fermés puis ouverts, au mépris des règles typographiques de base. Peut-être un prélude au prochain ouvrage de Serge Boimare : Ces enfants empêchés de lire ! Snifff... Et honte jusqu'à la huitième génération au maquettiste de Bayard Jeunesse ! Trois titres qu'il rend ainsi inaccessibles aux petits lecteurs.

Le feuilleton d'Ulysse
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Voici le sommaire du Feuilleton d'Ulysse :
1 Où Ulysse voit surgir de la mer un premier danger
2 Où Ulysse rencontre plus rusé que lui
3 Au cours duquel se joue le destin d’Ulysse
4 Où le couple d’Ulysse et Pénélope se soude à jamais
6 Où Ulysse endosse sa mission de chef de guerre
6 Où Ulysse doit faire ses preuves
7 Au cours duquel Ulysse utilise sa ruse avec succès
8 Où Ulysse se découvre une mystérieuse alliée
9 Ce qui, pendant ce temps, se trame sur l’Olympe
10 Où il est question d’un berger nommé Alexandre
11 Où les dieux s’en remettent au jugement d’un petit berger
12 Où l’on assiste à une bien étrange naissance
13 Au cours duquel un bébé change de prénom
14 Où Alexandre redevient Pâris
15 Où deux êtres sont en mal d’amour
16 Où l’on comprend enfin les causes de cette guerre
17 Où Ulysse est chargé d’une mission peu glorieuse
18 Où se joue le destin d’Iphigénie
19 Où la déesse Artémis montre qu’elle a du cœur
20 Où une guerre commence par une terrible prophétie
21 Où l’on retrouve Hélène à Troie
22 Où l’ambassade de la dernière chance échoue
23 Où l’on découvre que l’amour peut fleurir au cœur de la guerre
24 Au cours duquel une pluie de flèches décime le camp des Grecs
25 Où Agamemnon se comporte en tyran capricieux
26 Où Achille laisse couler ses larmes pour la première fois
27 Où Ulysse aux mille ruses tente d’infléchir le cours de la guerre
28 Au cours duquel Ulysse et Hector se découvrent une réelle sympathie
29 Au cours duquel Ménélas et Pâris se battent en combat singulier
30 Où Ulysse rassemble des amoureux
31 Où Achille refuse de reprendre le combat
32 Où le sage Ulysse commet une vraie folie
33 Où l’on voit que l’audace peut vaincre tous les obstacles
34 Où un petit garçon a peur de son père
35 Au cours duquel la fièvre dévore Ulysse
36 Où un père supplie Achille de lui rendre le corps de son fils
37 Où Achille est victime de son talon
38 Au cours duquel Briséis est inconsolable
39 Au cours duquel surgit un mystérieux cheval
40 Qui voit se réaliser la ruse d’Ulysse
41 Où Ulysse reprend la mer
42 Où la mystérieuse plante de l’oubli menace Ulysse
43 Où le souvenir d’un père est menacé d’oubli
44 Où Ulysse est piégé par sa curiosité
45 Où Ulysse fait connaissance avec le cyclope
46 Au cours duquel Ulysse aux mille ruses gagne une partie
47 Où la vanité d’Ulysse lui fait commettre une très grosse erreur
48 Au cours duquel la fin de l’errance se profile
49 Où Ulysse fait la douloureuse expérience de la trahison
50 Où Ulysse perd tous ses navires, sauf un
51 Où des fauves se prennent pour des agneaux
52 Qui voit apparaître une magicienne sur la route d’Ulysse
53 Où la situation tourne à l’avantage d’Ulysse
54 Au cours duquel Circé envoie Ulysse aux Enfers
55 Où Ulysse s’approche des Enfers
56 Dans lequel Ulysse voit son destin en face
57 Au cours duquel Ulysse fait une rencontre bouleversante
58 Où l’on assiste à une grosse colère de Télémaque
59 Où Ulysse rencontre des morts illustres
60 Qui voit le retour glorieux d’Agamemnon à Mycènes
61 Où un petit garçon s’échappe
62 Où l’on assiste à une terrible vengeance
63 Où l’on revoit un petit garçon devenu grand
64 Au cours duquel un frère et une sœur se retrouvent
65 Où Oreste revoit sa mère
66 Où le destin tragique d’une famille se poursuit
67 Où Ulysse retourne chez Circé
68 Où le chant des sirènes menace Ulysse
69 Quand Ulysse échappe in extremis aux chanteuses
70 Au cours duquel Ulysse va de Charybde en Scylla
71 Où l’on assiste au vol des bœufs du Soleil
72 Où Ulysse se retrouve totalement seul
73 Où Ulysse croise la route de Calypso
74 Où le héros renonce à l’immortalité
75 Quand un fils part à la recherche de son père
76 Où Télémaque arrive à Sparte
77 Au cours duquel Télémaque obtient des nouvelles
78 Où Ulysse devient un véritable naufragé
79 Où une fille de roi recueille un naufragé
80 Où Ulysse verse des larmes
81 Dans lequel la vérité est bonne à dire
82 Où Ulysse rentre enfin à Ithaque
83 Où l’on assiste aux retrouvailles d’un fils et de son père
84 Où un mendiant arrive au palais d’Ulysse
85 Quand les lois de l’hospitalité sont bafouées
86 Au cours duquel quelqu’un d’autre reconnaît Ulysse
87 Au cours duquel Pénélope discute avec un étrange mendiant
88 Où la destinée de Pénélope dépend d’un arc
89 Au cours duquel un mendiant redevient roi
90 Qui voit la vengeance d’Ulysse s’accomplir
91 Où un homme et une femme hésitent à se retrouver
92 Où deux moitiés d’orange se réunissent
93 Où le récit peut enfin exister
94 Où un fils retrouve la maison de son père
95 Où les familles des prétendants crient vengeance
96 Où une vraie paix s’instaure sur Ithaque
97 Où Ulysse repart pour accomplir son destin
98 Où commence une longue marche
99 Qui voit une rame changer de fonction
100 Quand Ulysse et Pénélope se choisissent une patrie

dimanche 15 mars 2015

Un défi sur le judaïsme


Cliquez sur l'illustration ci-dessus pour accéder au document complet au format A3.

J'avais depuis longtemps pour projet de réaliser une série de défis ayant pour thèmes les religions et les croyances, mêlant lecture, Histoire et Histoire de l'Art. Le mois de janvier 2015 a fait remonter ce projet dans la (longue) liste des choses à faire... Je profite de la sollicitation qui a été envoyée aux écoles par les IA au sujet de la semaine d'éducation contre le racisme et l'antisémitisme, du 16 au 21 mars 2015, pour mettre en ligne le défi portant sur le judaïsme. Je remercie vivement Pierre, Annie et Hélène pour leurs relectures très attentives et leurs suggestions judicieuses.

Dans la classe, comme il est d'usage pour ces défis, les élèves seront répartis en binômes ; nous réaliserons une lecture collective du texte du recto avant que chaque duo se lance dans les activités correspondantes. Le lendemain, il en sera de même pour le verso.


Texte du recto

Texte du verso

Le fichier est au format A3. Il faudra sans doute jouer avec les propriétés de l'imprimante pour que celle-ci ne redimensionne pas l'ensemble et ne fasse pas apparaître les mentions de la zone non-imprimable (en bas à droite de chaque page). En général il suffit de décocher la case "adapter à la zone d'impression". De nombreux photocopieurs d'école peuvent désormais être branchés sur un ordinateur et imprimer directement en A3. Les deux premières pages sont conçues comme un recto-verso. La troisième comprend les corrections et une grille de suivi des scores. La quatrième correspond au lexique et aux vignettes à découper puis à coller en page 2. Les petites étoiles cerclées, colorées en rouge lors de la correction, permettent d’obtenir aisément un score...


Si vous ne parvenez pas à imprimer en A3,vous pouvez le faire en A4 puis agrandir les pages à la photocopieuse (en espérant que la qualité sera suffisante). Voici une autre solution low tech avec les fichiers image des pages du défi, à imprimer partiellement sur du A4 puis à reconstituer (enregistrez les "fichiers cibles" d'un clic droit sur les liens) : recto verso correction lexique. Il faudra juste veiller à ce que la taille des vignettes de la page 4 corresponde à celle des cases censées les accueillir de la page 2. En cadeau bonus, voici les versions mp3 des textes : rectomp3 et versomp3.

jeudi 5 mars 2015

"Le Passage du Diable" d'Anne Fine

Dans l'abonnement Médium de L'école des loisirs se trouvait cette année Le Passage du Diable d'Anne Fine. Cette auteure, nous la connaissons pour sa série du "Chat assassin" (illustrée par Véronique Deiss, qui donne également un visage aux "Mathilde" de Sophie Chérer), laquelle a pour particularité, trouvé-je, de se lire désagréablement à l'oral, alors qu'elle est réjouissante à l'écrit... Hors du domaine scolaire, Anne Fine est connue pour son Mrs Doubtfire, porté à l'écran en 1993 sous les traits de Robin Williams.

Lorsque j'ai reçu la "livraison" de nos abonnements de mars, j'ai pris les ouvrages pour les feuilleter rapidement, avant de les couvrir. Bon, je ne les ai pas couverts tout de suite : au bout de 60 pages de lecture de celui-ci, je me suis dit que j'avais fait plus que le feuilleter... Je me garderai de spoiler (un des extraits qui peut en dire un peu trop est signalé plus bas), mais voici en quoi consistent les toutes premières pages de l'histoire, qui évolue rapidement.

Le jeune Daniel Cunningham a vécu alité et enfermé depuis sa naissance. Sa mère, aimante et solitaire, prend grand soin de lui, mais le tient à l'écart du monde, ne cessant de lui répéter qu'il est malade. Voilà que le voisinage s'aperçoit de l'existence du garçon et décide d’intervenir. Le Dr Marlow parvient à entrer dans la demeure et à discuter avec Daniel. Celui-ci ne lui semble pas en si mauvaise santé que cela. Sa mère a-t-elle perdu la raison, ou bien fait-elle tout, comme elle le prétend, pour le protéger ?

Le Passage du Diable d'Anne Fine

Même si quelques pièces du puzzle semblent être assez repérables lorsque elles apparaissent, on passe un bon moment, pressés de connaître la suite. Le style de l'auteure et la qualité de la traduction de Dominique Kugler font que l'on ne voit pas passer les 300 pages. À noter pour une future réédition : une petite coquille en bas de la page 43.

Morceaux choisis :

"JUSQU'À CE QUE LE JOUR SE LÈVE POUR CHASSER LES OMBRES" (p.93)

[SPOILER : l'extrait suivant révèle un élément-clé de l'intrigue]
"Je balayai les alentours du regard. Il est vrai que l'endroit était paisible avec ses aulnes qui se balançaient dans le vent et les vaches qui broutaient imperturbablement. Je levai la tête. Des oiseaux sillonnaient le ciel où voguaient, très haut, des nuages d'été. Je compris que, toute l'année, la tombe de ma mère serait éclairée par le soleil du matin. Qu'elle serait protégée des vents mauvais. loin des routes et des sentiers, elle serait en paix." (p.94-95)
[SPOILER : fin]

"Comme je n'avais pas l'habitude de faire quoi que ce soit par moi-même, je restai assis là, empêtré dans mon apitoiement et mon angoisse, jusqu'au moment où je me posai cette question : que ferait Sophie dans une telle situation ?" (p. 127)

"Le bonheur ne laisse pas de marque, il n'y avait donc pas grand chose à raconter." (p.202)

"Quand on [lui] donne un bâton, on ne peut jamais savoir s'il va s'en servir pour faucher les mauvaises herbes ou pour tuer son meilleur ami." (p.205)

"Tu apprendras que bien souvent, lorsque les soucis frappent à la porte, l'amour prend la clef des champs." (p.232)

"Les passages du diable sont les chemins les plus ordinaires. Croyez-moi... Car le diable ne peut arriver à ses fins sans votre aide. Il ne triomphe que si vous lui ouvrez la porte." (p.289)

lundi 2 mars 2015

La plus longue séquence pédagogique du monde...

"Vous allez écrire à quelqu’un que vous connaissez mieux que personne mais que vous ne rencontrerez jamais et qui ne vous répondra pas." Si ce n'est pas une accroche qui fait saliver, ça ? Les élèves, après s'être trituré les méninges, se sont donc écrit à eux-mêmes, enfin, à leur "moi" de dans 20 ans. Ils ont enfermé le tout dans une capsule temporelle, cachetée à la cire, scellée pour donner toute sa valeur à l'insupportable attente...


Cliquez sur l'illustration pour accéder à l'article et aux documents à imprimer.

On trouve assez aisément des sceaux sur la Toile (par exemple ici)... Quant à la cire à cacheter, un petit bâtonnet permet de réaliser une dizaine de sceaux.

jeudi 26 février 2015

Fiche-mémoire et d'entraînement sur le Système solaire


Cliquez sur l'illustration pour accéder au document correspondant
(modifiable sur la page des Ceintures).

mercredi 25 février 2015

"La bobine d'Alfred" de Malika Ferdjoukh

Le numéro de février de notre abonnement Supermax de L'école des loisirs consiste en un roman qui n'est vraisemblablement pas passé loin de la collection Médium. L'auteure nous plonge avec son héros, Harry Bonnet, dans le Hollywood des années 60. Ce fils de cuistot accompagne son père, recruté par une grande actrice. Là-bas, il côtoie les plus grands, et s'invite même sur le tournage d'un film extrêmement secret, dont le titre, l'histoire et le nom du réalisateur sont protégés par des contrats de confidentialité. Le titre et la couverture nous donnent largement assez d'indices pour envisager l'ampleur de ce que le personnage principal s'apprête à vivre...

La bobine d'Alfred de Malika Ferdjoukh

Morceaux choisis :

"- Hello, baby... Il est à qui, ce beau chapeau ? a demandé la brute bronzée qui survenait, une long board jaune banane coincée sous le biceps.
Malgré mon anglais de fin de seconde, j'ai compris qu'il jouait dans la même catégorie que je Jean-Pi au lycée. Celle qui tire les nattes des filles au CP, soulève leurs jupes au CM, leur pince les fesses en quatrième. Le crétin en vigueur sur tous les continents.
" (p.31)

"- Un tournage, c'est 80 % d'attente et 10 % de bâillements. [...]
- Il manque 10 %, remarquai-je.
- Quoi ?
- 80 et 10, ça fait 90. C'est quoi les 10 % restants ?
- Bah [...] les 10 % qui restent, mais... c'est pour eux qu'on fait ce foutu métier !
" (p.91)

"C'était si joli à regarder que... j'ai regardé." (p.117)

"Il discutait chiffons avec, tu sais, cette actrice brune qui ressemble à Burt Lancaster, zut, j'ai son nom sur le bout de la langue..." (p.120)

"- Je peux te confier un secret ?
- Probablement pas. De quoi s'agit-il ?
" (p.122)

"- Tu m'attends ici ?
- Je ne bouge pas.
- Même si tu as envie de faire pipi.
- J'ai décidé d'arrêter de toute façon.
" (p.128)

"Elle conversait avec une dame au faciès sorti de La Quatrième Dimension." (p. 130)

"- Tu es magnifique.
- Merci. Même si cela demande chaque année plus de temps et coûte un peu plus cher.
" (p.164)

mardi 24 février 2015

Baby-sitter blues de Marie-Aude Murail

Émilien, 14 ans, a horreur des gamins... Mais il a également besoin de sous et, en dehors du baby-sitting, il ne voit pas trop comment en obtenir. Le voici donc qui s'improvise garde d'enfants et s'en tire suffisamment bien pour se construire une belle réputation. Mais, forcément, quand tout commence à aller bien, il faut que cela se passe mal... L'humour omniprésent rend le tout bien sympathique.

Attention : il s'agit là du premier épisode d'une série de sept... L'aventure ne s'achève donc que partiellement. Un lecteur averti en vaut deux...

Baby-sitter blues de Marie-Aude Murail

Morceaux choisis :
"Je sais bien que je l'énerve à réclamer tout le temps. Mais avec 15 euros d'argent de poche par mois, je suis le smicard du collège."(p.10)

" "Je vous ai laissé le numéro de téléphone du Samu, du commissariat, des pompiers, des transfusions urgentes, des ambulances et du centre anti-poison."
J'avais dans l'idée que Mme Grumeau n'était pas tout à fait en confiance.
" (p.14)

"Devant mon Royco minut'soup à la tomate, j'ai repris les hostilités.
- Le week-end, je peux bien faire du baby-sitting ?
- Et ton travail ? Et ton volley ?
- Alors c'est non ?
- C'est non.
Je me suis servi du poisson pané surgelé Findus et j'ai dit :
- Je m'en fous. Je ferai mon casse. Comme je suis très maladroit, on me chopera. Et penses-y : trois ans de taule, ça fera très mauvais effet dans mon dossier scolaire.
- Émilien, dit ma mère entre ses dents, tu es usant... et je suis polie.
J'ai pris des pommes noisettes surgelées Vico et j'ai dit :
- Il y a longtemps que j'aurais fait une fugue s'il n'y avait pas ta bonne cuisine pour me retenir, ma petite maman.
" (p.65-66)

"- Un père te ferait marcher droit, toi.
- Les absents ont toujours tort, répondis-je." (p.66)

"- C'est quoi, "ça" ? me dit-elle enfin.
Elle venait d'effleurer ma jour délicatement bleuie.
- Je me suis acheté un boomerang. Mais je crois que j'ai mal lu le mode d'emploi.
" (p.67)

"J'ai très vite compris en apercevant Amandine pourquoi on lui avait fait une telle réputation. Ma connaissance du cœur humain (et dans ce cas précis du cœur masculin) me conduisait à penser qu'Amandine ne piquait pas vraiment les copains des autres filles. Ils venaient tout seuls." (p.81)

"À force d'entendre parler de vous sans vous voir, dit la mère d'Amandine, on finissait par se demander si vous existiez.
- Ça ne m'étonne pas, répliquai-je, il y a des jours où je me pose la même question.
" (p.82)

"J'ai vidé le congélateur et je me suis fait un dîner énorme. Calmars frits, cheeseburger, pizza aux fruits de mer. Quand Martha est partie, ma mère m'a rejoint à la cuisine. Elle a ouvert le frigo.
- C'est vide ?
- J'ai tout mangé. Les adolescents privés d'affection se vengent sur la nourriture.
" (p.91)

"Je n'avais pas osé demander mon argent de poche ce mois-là. Les affaires de maman ne marchaient pas. Elle n'en parlait pas mais elle passait souvent la main sur son front.
Un matin, j'ai vu un relevé de compte bancaire qui traînait sur la table du salon. J'ai hésité. Je me suis demandé : est-ce que je ne veux pas savoir par discrétion ou par lâcheté ?
" (p.111)

lundi 23 février 2015

Le chemin de Sarasvati de Claire Ubac

Dans la collection Médium de L'école des loisirs, Claire Ubac (que nous rencontrerons aux AIR...) relate l'aventure d'Isaï et de Muragan, deux jeunes indiens que les péripéties de la vie vont placer sur les routes de l'Inde. On les accompagne sur le chemin menant à Bombay, où les mauvaises rencontres sont légion...

Le chemin de Sarasvati de Claire Ubac

À la fin de l'ouvrage, un petit glossaire reprend le vocabulaire spécifique. Morceaux choisis :

"Ici, à Yamapuram, on parle tamoul. L'hindi était notre langue secrète à toutes les deux. [...] Nous chantions toutes les deux continuellement en travaillant. Tante cobra ne se doutait pas que nous en profitions pour communiquer.
– Ne tourne pas la tête et ne me réponds pas, chantait maman. Va chez la voisine l'aider à coudre pour le mariage de sa fille. Garde le triage des pois pour cet après-midi. Ta tante sera chez la voyante ; je t'apprendrai un hymne à Krishna.
Un peu plus tard, je modulais à mon tour :
– Maman, cache mon bol de lait caillé, Selvin se réveille de sa sieste !
" (p.35)

"Les dieux récompensent toujours la persévérance ; le problème est de savoir quand et comment ils exaucent nos prières. Leurs solutions ressemblent parfois à celles d'un gamin étourdi." (p.40)

"Je serre la main de Muragan, aussi fort que je suis d'accord avec lui. Le monde a besoin d'obéissance, mais également de désobéissance. D'obscurité, comme de lumière..." (p.121)

"Le pays peut se réjouir : la mousson vient de commencer." (p.124)

"J'aide à descendre le ballot qu'une vieille femme me désigne. Une fois les pieds par terre, au lieu de reprendre son bien, la vieille m'intime du regard l'ordre de la suivre. Je retrouve les coutumes de la campagne auxquelles je suis habituée : toute grand-mère est la tienne quand elle a besoin de toi. J’obéis donc sans discuter." (p.174)

"Ses gestes sont lents et doux, comme si elle proposait une miette à un écureuil rayé." (p.185)

"Elle habite chez une tante et ses parents lui manquent sans doute, car, bien qu'elle fasse bon accueil aux plaisanteries de ses amies, son sourire ne parvient pas jusqu'à ses yeux." (p.206)

"Qu'est-ce qu'un détective, sinon un espion de moindre envergure ?" (p.220)

"En vérité, une émeraude placée au fond d'une poubelle ne perd pas sa précieuse couleur pour autant !" (p.221)

"[Petites annonces :] Recherche assoiffé pour repêcher ma cruche en cuivre au fond du puits en échange d'eau pure ; journaliste emprunte burka à une fille musulmane pour passer inaperçue... ; Chirurgien cherche chasseurs de mouches pendant ses opérations ; Échange la recette de la soupe à la tête de poisson contre les ingrédients." (p.257)

"Je goûte la paix de ce moment. Personne au monde ne sait que je suis là [...]. Je ne devrais même pas y être. Pourtant, sans pouvoir l'expliquer, je me sens à ma juste place, exactement. Je suis une fibre de cet immense sari déployé entre le loriot qui lance son trille et Muragan endormi près de moi. Je suis cette conscience éveillée dans l'Univers !" (p.261)

samedi 21 février 2015

Le musée des confluences (3)

Suite des aventures au musée... Depuis son ouverture, je m'y suis rendu 7 ou 8 fois... De quoi voir certaines choses évoluer, d'autres pas... Et me rendre compte de quelques erreurs de ma part que je rectifie de suite : mea culpa, la carte d'accès illimitée ne s'efface pas. J'ai juste eu droit à une sorte de dépôt d'encre superficiel : le reste tient la route. Ouf ! Autre erratum : le hall d'entrée de l'édifice n'est pas surnommé “le diamant”, mais “le cristal” (et, du coup, le contribuable aura sans doute droit à un remboursement du fait de l'économie ainsi réalisée...)

J'ai pu enfin accéder aux fameuses salles 21 et 13, devant lesquelles la foule m'avait fait fuir, et je ne regrette pas d'avoir persévéré. Depuis, une autre exposition temporaire, sur la conquête de l'Antarctique, a ouvert. Il y a du bon, et du moins bon... La première bonne nouvelle, c'est que quelqu'un, quelque part, a dû actionner un interrupteur, car cela me semble mieux éclairé qu'au départ. M'habitué-je ? Je l'ignore. Ce qui est certain, c'est que dans la salle "Éternités”, l'arche qui éclaire le passage à l'entrée était éteinte lors de mes deux premières visites. Du coup, plus de risque de se prendre les pieds dans les poussettes.

Musée des Confluences de Lyon

Nous voici donc dans la salle 21, celle qui cause le plus d'attente (en dehors des ateliers destinés aux familles et qui doivent être très sympas si on aime patienter des heures devant une porte). Dès l'entrée, le visiteur est accueilli par trois demoiselles. Visiblement préhistoriques. Une maman explique à ses enfants que la "petite", c'est Lucy. Tout le monde hoche la tête et poursuit la visite. En regardant le cartel de plus près, je m'aperçois qu'il s'agit d'une reconstitution d'homo floresiensis (-18 000 ans). On est loin de l'australopithèque et de ses quelques millions d'années. Il doit être plus loin. En fait : non. En face, on a droit à deux bouts de mâchoire d'homo sapiens (-38 000 ans) et d'homo neanderthalensis (-50 000 ans environ), à de grands singes empaillés et à des lémuriens. De quoi bien conforter l'idée fausse que l'homme descend du singe, donc.

Musée des Confluences de Lyon

La grosse claque vient ensuite, et l'on oublie (presque) le manque d'australopithèques : le camarasaurus lentus, 155 millions d'années, trône au centre de la salle dont il est la pièce maîtresse. Il a l'air complet (les parties manquantes, comme les côtes, ont été discrètement remplacées par des éléments qui oscillent légèrement sous la climatisation). L'illusion est bonne.

Musée des Confluences de Lyon

Je ne suis pas zoologue, mais je crois que, là, on essaye de nous faire passer des vessies pour des lanternes... Trouverez-vous l'intrus ?

Musée des Confluences de Lyon

De jolies pièces sont présentées, comme ce stereosaurus bollensis de 180 MA. Proche du public, ce qui doit donner des sueurs froides aux conservateurs. Mais, visiblement, ça se passe bien, et, en dehors du lapin tout pourri de la salle 22 désormais protégé par une barrière (sans doute pour éviter aux enfants d'attraper à leur tour la myxomatose), on peut tout voir de près et les vitrages sont réduits.

Musée des Confluences de Lyon

Deuxième grande pièce de choix, au plafond, un mosasaurus baugei fait envisager autrement les plages marocaines du Crétacé.

Musée des Confluences de Lyon

Un ptérodactyle du Jurassique. Mais comment parvient-on donc à l'exhumer de la pierre sans l’endommager ?

Musée des Confluences de Lyon

Un des premiers vertébrés, il y a 400 MA. Heureusement qu'il y a un dessin de la bestiole présumée à côté, parce tout seul, cela n'inspire pas beaucoup...

Musée des Confluences de Lyon

Troisième belle pièce, attendue : le fameux mammouth de Choulans. Hein !? Les défenses, mal montées à l'origine, ont dû être remplacées par de vilaines imitations. Les côtes ressemblent à des bandelettes de caoutchouc. Il était mieux dans mon souvenir... Il est en revanche bien mis en valeur, avec sa salle personnelle et un socle semble-t-il métallique gravé avec soin. Au fond, une vidéo inaudible passe en boucle.

Musée des Confluences de Lyon

Un "cimetière marin" du Crétacé n'a rien à envier à une sculpture de César, finalement.

Musée des Confluences de Lyon

Plusieurs objets sont clairement indiqués comme pouvant être touchés : des moulages de crâne de rhinocéros laineux, de tarbosaure, une ammonite géante et, concession un peu populiste, un "morceau de Lune" qui est en fait un éclat de météorite. Il manque juste le petit logo inverse "Ne pas toucher" sur quelques objets tentants...

Musée des Confluences de Lyon

Le crâne de tarbosaure, justement, dans une belle résine. On est content de ne l'avoir jamais rencontré dans la nature. De nombreux postes présentent chacun une animation de 3 minutes traitant de l'évolution de la vie et destinée plutôt aux adultes (même si l'humour y est souvent "basique"). Un seul poste destiné aux enfants, dans un coin, près du mammouth, propose dans une arborescence peu intuitive 13 épisodes d'une minute chacun. Peu de chance qu'un marmot tienne jusqu'au bout... D'autant que le contenu, présenté sous la forme d'un dessin animé d'extraterrestres, est largement aussi pointu que celui destiné aux adultes.

Musée des Confluences de Lyon

Le choix a été fait par Marcel on-ne-sait-qui (mais les différents employés du musée avec lesquels j'ai pu discuter ont l'air de pointer à chaque fois les "scénographes", des entreprises auxquelles l’organisation des salles est déléguée) de mélanger origines des espèces humaines et de la vie, mythes de la création du monde, œuvres aborigènes, instruments de mesure du temps et de l'espace, œuvres d'Asie... Le "musée du XXIe siècle". Cela déboussole globalement les visiteurs (qui préféraient visiblement en majorité l’organisation du musée du siècle précédent, plus "lisible") : on en sort en ayant bien du mal à synthétiser ce que l'on a vu. En hommage à Prévert sans doute, il y a même un vrai raton-laveur naturalisé. Le rédacteur du plan présent dans le guide officiel du musée a, lui aussi, fini par s'y perdre (en inversant "Comprendre l'évolution de la vie" et "Des origines de l'Univers"...

Musée des Confluences de Lyon

Cette tête de Shiva, en grès, date du Xe siècle (Cambodge).

Musée des Confluences de Lyon

Très joliment présentée dans sa vitrine, une Shiva Nataraja danse...

J'arrête là le billet, car il y a encore tout plein de photos à mettre et que cela risque de faire exploser le vieux logiciel de gestion du blog... La suite sera pour dans quelques jours...

dimanche 15 février 2015

"Oh, boy !" de Marie-Aude Murail

Un des plus célèbres romans pour ados de Marie-Aude Murail (que nous rencontrerons aux AIR fin mai) relate les déboires de la famille Morlevent, dont le père est introuvable et dont la mère des trois derniers enfants vient de mourir. Siméon, qui doit passer son bac avec quelques années d'avance, Morgane dont les adultes oublient souvent qu'elle existe et Venise, adorable poupée de 5 ans, voient donc leur sort remis entre les mains de Laurence Deschamps, juge des tutelles qui tente de noyer son désespoir dans les tablettes de chocolat qu'elle dissimule tant bien que mal à l'intérieur des tiroirs de son bureau. Les seuls parents éloignés auxquels il est envisageable de confier la garde des enfants sont la peu sympathique ophtalmologue Josiane Morlevent et le guère fiable Barthélémy Morlevent, leur demi-frère, incapable de dire non à son petit ami Léo. Entre les deux, les trois enfants vont rapidement choisir... C'est sans compter le destin, qui s'acharne...

Oh, Boy ! de Marie-Aude Murail

Morceaux choisis :

"– C'est quoi, ce que vous faites ? demanda Bart.
Morgane expliqua :
– Nous prenons les décisions de cette façon.
– Impec, approuva Bart. Je peux participer ?
– Oui, dit Siméon. Mais les cons parlent en dernier.
" (p.62)

"Je vais te faire de la peine, Bart, mais tu n'es pas mon modèle dans l'existence." (p.93)

"C'était si proche, c'était hier. Les mots avaient encore l'air vivants." (p.119)

"[Nicolas] avait envie de penser aux Morlevent, à cette fratrie exceptionnelle et exceptionnellement frappée par le destin. Siméon. Il fallait qu'il passe son bac. C'était devenu important pour [Nicolas]. Il fallait l'amener jusqu'à cette victoire. Après ? Après... Nicolas savait qu'il y a des victoires sans lendemain." (p.145)

"– C'est une ponction de routine.
– On voit que vous êtes du bon côté de l'aiguille !
" (p. 151)

"Merci d'être entré dans ma vie sans crier gare. Merci d'en avoir changé le cours et de m'avoir changé." (p.173)

samedi 14 février 2015

Bonne nouvelle !

Voilà une couverture qui fait plaisir... Muriel Szac m'avait dit travailler dessus lorsque je l'avais rencontrée en mars dernier, à la Fête du livre de Bron. La sortie est prévue pour le 12 mars...

Le feuilleton d'Ulysse
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La Fête du livre 2015 de Bron devrait, elle, accueillir Florence Aubenas, Olivier de Solminihac, Valérie Zenatti, José Carlos Somoza (oui, l'auteur de la bouleversante Théorie des cordes – 5 ans après l'avoir lue, elle est encore dans mon Top 10 – ou de la géniale Caverne des idées !), notre cher Timothée de Fombelle... Bref, les 6, 7 et 8 mars prochains devraient être un régal !

jeudi 12 février 2015

Avec des amis comme ça...

...les bonnes gens de Béziers pourront continuer à voter tranquille.

Big brother is protecting you

Après la nouvelle définition du mot "ami" développée par Facebook, celle de Robert Ménard fait plus penser à Harry, un ami qui vous veut du bien qu'à autre chose...

mercredi 11 février 2015

"La célèbre Marilyn" d'Olivier de Solminihac

Notre abonnement Maximax de février est un court roman (72 p.) d'Olivier de Solminihac : La célèbre Marilyn.

Il n'y a qu'un garçon, dans sa classe, à faire attention à Marilyn. Le jour où il tombe malade, elle se rend compte qu'elle n'a pas d'ami. Qu'elle n'existe plus pour personne. Elle décide donc de remédier à cela en devenant célèbre.

La célèbre Marilyn

A-t-on besoin d'être célèbre pour exister ? (Tiens, ça me rappelle l'instance avec laquelle une journaliste de TF1 voulait venir faire un reportage dans notre école, sans parvenir à comprendre qu'en fait, nous, cela ne nous intéressait pas...) En cette période où la nabilasation (fait de devenir célèbre sans raison : "T'es une fille et t'as pas de shampooing ? Non mais allô, quoi !") est facilitée par Youtube, aborder ce thème (peu traité en soi dans la littérature de jeunesse, d'ailleurs) est salutaire. De bons échanges avec les élèves en perspective... D'autant que certains détails font mouche, comme le fameux "Lionel Hénon", joueur de foot de l'école à l'aura indescriptible qui est une marque à lui tout seul alors que les autres s'appellent simplement par leur prénom, ou encore la référence à "la classe dont on n'a jamais su le nom" (p.52).

Morceaux choisis :

"Comme j'avais faim, l'après-midi a été long. Ou l'après-midi a été longue, je crois qu'on peut dire les deux. De toute façon, j'avais tellement faim que l'après-midi a été à la fois long et longue." (p.16)

"– Tu crois qu'on peut exister sans rien faire ?
– Mmm... oui. Maintenant on ne fait rien. On existe quand même. Mais on ne peut pas exister tout seul. On doit exister pour quelqu'un.
– Tu existes pour moi, j'ai dit.
Elle a fait un mouvement de la tête, qui pouvait vouloir dire non.
– Ça ne suffit pas, a dit Marilyn. J'ai besoin de plus.
” (p.37)

"– Bonne nuit, chef.
– Attends, juste une question. Qu'est-ce qu'ils sont devenus, tous ces sports ?
– Devine, a dit papa.
Ce qui était la dernière chose à dire s'il voulait que je m'endorme. L'énigme est le contraire du sommeil. Conséquence, j'ai passé une partie de la nuit à me creuser la tête en nous imaginant, Marilyn et moi, gagner la Coupe du monde de trottinette américaine.
" (p. 40-41)

"Ce sont les vacances d'hiver, celles entre toutes que j'aime le moins parce qu'on ne va jamais au ski, parce qu'on ne va jamais nulle part en février, parce qu'il fait froid et moche, parce que ça ressemble à quand on est malade, en moins bien." (p.60)

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